Les gagnants et les perdants d'un baril à 100 dollars

Repassés en début de semaine au-dessus de 100 dollars le baril, les cours du Brent de la mer du Nord flirtaient jeudi avec les 103 dollars. Comme en 2008, le phénomène pose à nouveau la question d'un impact sur les marchés d'actions. « Si la poussée inflationniste fait en premier lieu craindre une remontée des taux, de façon générale elle est plutôt favorable aux marchés d'actions », souligne Cédric de Fonclare, gérant actions européennes chez Jupiter AM. Les marges des entreprises « pourraient pourtant être impactées négativement par des capacités de production insuffisantes ou par des hausses de prix de revient non répercutées », relativisent les experts de Cholet Dupont.Tous les secteurs ne sont pas égaux face à la flambée des cours du pétrole et des matières premières. Par définition, le secteur parapétrolier en est le premier bénéficiaire - un cours du baril plus élevé incitant les majors à investir dans la recherche de nouvelles réserves. Pas étonnant dans ces conditions de voir Lundin Petroleum, CGG Veritas (ex-Geophysique) ou encore TGS figurer parmi les dix plus fortes hausses du Stoxx 600 depuis six mois. L'aérien première victime« La problématique des cours du pétrole dépend de la capacité des secteurs et entreprises concernées à répercuter cette hausse sur leurs prix. C'est le cas dans un secteur comme la chimie qui s'est rationnalisée depuis la crise et peut être privilégiée du fait de son pricing power », précise Cédric de Fonclare. Un avis partagé par Cholet Dupont qui estime que « les sociétés disposant de la capacité à augmenter leurs prix de vente devraient mieux se comporter » en citant des secteurs comme le luxe, les services pétroliers, certaines technologiques et concessions.Dans le cas inverse, le transport aérien est souvent cité comme première victime d'un baril à plus de 100 dollars. Si les compagnies ont recours aux surcoûts carburant, comme Air France-KLM en a annoncé un jeudi, ces mesures peuvent être à terme dissuasives et impacter le trafic. Le secteur industriel n'est pas en reste, avec une marge de manoeuvre limitée, en dépit d'importantes réductions de coûts et des fondamentaux solides en matière de demande. Enfin, la flambée des matières premières a un impact aussi important sur la distribution et l'agroalimentaire, seuls secteurs dont les prévisions de bénéfices pour 2011 ont été revus à la baisse le mois dernier du fait de l'impact de la poussée inflationniste.

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