L'Allemagne pense à sortir définitivement du nucléaire dès 2020

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Convertie de la dernière heure à la pensée antinucléaire, Angela Merkel accélère désormais le pas pour mettre fin à la présence outre-Rhin de réacteurs atomiques. Un nouveau projet de loi devrait, début juin, être présenté. Tandis que la précédente loi, votée l'automne dernier, qui sanctionnait l'idée d'un prolongement de la durée de vie des réacteurs jusqu'au moins en 2035, moyennant le paiement par les groupes énergétiques d'un « impôt sur le combustible nucléaire », sera sans doute réduite à néant. Si officiellement aucune décision n'est encore prise et que les consultations se poursuivent, le quotidien économique « Handelsblatt » affirmait mardi, qu'Angela Merkel envisagerait de définir une date de sortie définitive du nucléaire. Ce choix marquerait une rupture avec le système actuel qui établit des différences selon l'âge des réacteurs et permet de « compenser » la fermeture des anciens réacteurs par une durée de vie allongée pour les plus récents. L'idée est de marquer l'opinion par une décision claire, compréhensible et définitive. Quand sortir du nucléaire ? L'allié bavarois d'Angela Merkel, la CSU, a avancé, par la voix de son président Horst Seehofer, la date de 2020. Si une telle date était confirmée, l'Allemagne sortirait du nucléaire deux ans avant la date fixée par Gerhard Schröder en 2000. Mais Angela Merkel se veut prudente. Lundi, lors de l'inauguration d'une centrale d'éoliennes en mer du Nord, elle a indiqué qu'elle voulait un « tournant énergétique mesuré et qui fonctionne ». Manque à gagner Or, la première condition de cette réussite est de trouver des alternatives rapides au nucléaire qui représente encore 23 % de la production énergétique allemande. Outre le développement des énergies renouvelables, le gouvernement souhaiterait encourager le développement des centrales au gaz naturel dans les régions industrielles du pays. Johannes Teyssen, le président d'E.ON, premier groupe énergétique du pays, s'en est ouvertement réjoui. Mais il en faudra plus pour calmer la colère des industriels : RWE a déjà porté plainte contre le moratoire, décrété par Angela Merkel, sur la prolongation de la durée de vie des réacteurs et E.ON y réfléchit. Aussi le « Handelsblatt » évoque-t-il la possibilité d'une suppression de l'impôt sur le combustible nucléaire qui, il est vrai, ne se justifierait plus et permettrait de calmer la fureur des industriels. Sauf, évidemment, que cet impôt devait rapporter 2,3 milliards d'euros par an au budget fédéral et représentait ainsi plus d'un dixième des 80 milliards d'euros du plan de rigueur quadriennal du gouvernement. La volte-face énergétique d'Angela Merkel pourrait donc avoir un coût pour le budget de l'État.

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