Le Grand Machin en route

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Qui se souvient encore de l'AII (Agence de l'innovation industrielle), l'agence créée en 2005 par Jacques Chirac à l'instigation de Jean-Louis Beffa, le patron de Saint-Gobain, qui tenta d'en faire l'instrument de sa vision de la politique industrielle de la France. Finalement absorbée par Oséo, l'AII préfigurait ce que risque de devenir le Commissariat général à l'investissement, l'organe chargé, sous la houlette de René Ricol, de dépenser les 35 milliards d'euros du grand emprunt voulu par Nicolas Sarkozy?: un nouveau machin, qui sent bon sa planification à la française, donne bonne conscience à ceux qui voient l'État en « deus ex machina » de l'investissement et attire à son guichet couleur de miel tous les amateurs de subventions. Sanctifiées par un Comité interministériel aux investissements d'avenir, dix premières « conventions », essentiellement dirigées vers l'industrie, ont été signées entre l'État et les opérateurs publics, chargés de « gérer » ces crédits. Une nouvelle banque d'État, en quelque sorte, pour compenser le faible goût du risque (industriel) des banques privées. L'intention, on ne peut en douter, est bonne?: inciter à ajouter 1 euro privé à tout euro public mis sur la table, en espérant que les choix opérés apporteront un retour sur investissement et ne seront pas sans avenir. Mais, signe que la méfiance demeure sur la bonne orientation des financements, l'État a prudemment reporté à 2011 tout octroi de crédit à la recherche universitaire. Preuve qu'en matière d'avenir, il faut aussi savoir prendre son temps. pmabille@latribune.frPhilippe Mabille

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