« On va remonter les filières de la corruption »

Ancien ministre des Sports, aujourd'hui député UMP de Paris et rapporteur de la loi sur l'ouverture des paris en ligne, Jean-François Lamour détaille le dispositif mis en place par la France pour traquer les entreprises mafieuses et les joueurs corrompus.Comment cette loi va permettre à la France de lutter contre les tentatives de corruption ?Nous avons mis en place avec l'autorité de régulation des jeux en ligne, des cyber-patrouilleurs, qui, devant leur écran d'ordinateur, vont tenter de traquer des paris exotiques, c'est-à-dire des niveaux de paris qui ne sont pas en relation avec la compétition. à partir de ce moment-là, on va bloquer les paris sur la compétition et lancer une enquête pour savoir si un joueur a été corrompu. Ensuite, on va remonter les filières au travers du réseau bancaire pour trouver les actionnaires de l'opérateur. Si on s'aperçoit que ce sont des actionnaires douteux, alors ces opérateurs ne pourront pas obtenir d'agrément pour opérer en France et les responsables risquent d'aller en prison. C'est une garantie pour s'assurer que, derrière les actionnaires, ne se cachent pas des mafias ou des personnes peu recommandables basées dans des paradis fiscaux. La France est-elle à l'abri ?Aucun sport n'est à l'abri. Aujourd'hui, il y a presque 3 millions de joueurs qui évoluent sur Internet, la plupart sur des sites dont on ne connaît rien. Il faut être humble par rapport à Internet. Les dispositifs de blocage peuvent être contournés. La loi sensibilisera les joueurs et offrira une offre agréable et ludique plutôt que d'aller se fourvoyer sur des sites dont l'intention est de « plumer » le parieur. Quelles sont les cibles de ces opérateurs peu scrupuleux ?On s'est aperçu grâce à un outil de la FIFA que beaucoup de résultats falsifiés avaient lieu sur des matchs de deuxième ou troisième niveau. Pas dans les grands matchs où les médias sont présents. En particulier pour essayer de blanchir de l'argent. Notre loi française est regardée avec beaucoup d'attention par nos partenaires européens. Mais, seule, elle ne peut rien. Il faut que les autres pays européens se dotent des mêmes moyens. Ensuite, il faudra se coordonner pour travailler efficacement et bloquer les sites. La solution n'est-elle pas d'interdire les paris sportifs ?Aux Etats-Unis, on a interdit tous les jeux. Ils se sont délocalisés et cela n'empêche pas les Américains de jouer. La Maison Blanche cherche d'ailleurs à revenir là-dessus. propos recueillis par m. M. Jean-François Lamour, Rapporteur de la loi sur l'ouverture des paris en ligne af
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