La Troïka attendue de pied ferme à Athènes

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 Après quinze jours d\'inertie, le gouvernement grec entame depuis lundi d\'âpres négociations avec ses créanciers représentés par « la Troïka » de la BCE, de l\'UE et du FMI afin de tenter de réviser les conditions des prêts accordés au pays.Pas de nouvelles coupesPour la très fragile coalition gouvernementale grecque, il n\'est pas question d\'opérer un tour de vis supplémentaire comme le souhaite cette « Troïka ». Aussi si le vice-ministre de l\'économie a bien pris soin de préciser mardi au congrès de The Economist à Athènes «que les experts européens ne sont pas les contrôleurs de l\'économie grecque mais des collaborateurs venus aider le pays à sortir de la crise », Evangelos Venizelos chef du parti socialiste Pasok, qui soutient la coalition, a, lui, souligné qu\'il n\'était pas question de licencier dans la fonction publique. « Le problème des fonctionnaires grecs n\'est leur nombre, mais leur rentabilité » a-t-il indiqué. Les experts internationaux présents dans la salle ont failli s\'en étouffer. Pourtant il faudra bien qu\'ils avalent d\'autres couleuvres. Car si le gouvernement grec est d\'accord pour accélérer les privatisations ou faire la chasse au gaspillage et à la fraude fiscale, si Antonis Samaras a nommé à la tête du ministère des finances un homme convaincu de la nécessité immédiate des reformes structurelles à faire, Yiannis Stournaras, la ligne gouvernementale est aux antipodes de ce qu\'attendent les experts internationaux.Les « trois non »Cette ligne se résume à trois « non ». Non aux licenciements, non à la baisse des salaires et des retraites, non à la dérégularisation supplémentaire des conventions de travail. Il n\'y a là aucune surprise. Il s\'agit de la plateforme politique des trois partis qui soutiennent la coalition gouvernementale. Revenir là-dessus reviendrait à précipiter le pays dans de nouvelles élections. Le gouvernement grec veut par ailleurs deux ans de plus pour assainir ses finances et parvenir à un ajustement budgétaire, en 2016 au lieu de 2014, et surtout déduire de la dette publique les 50 milliards d\'euros octroyés aux banques pour leur recapitalisations.Fragilité gouvernementale\"L\'amendement des politiques qui ont été prouvées financièrement inefficaces et socialement injustes, est considéré comme un sujet de discussion\", a ainsi souligné le ministre adjoint aux Finances Christos Staïkouras. La Grèce doit procéder cette année à l\'adoption d\'un nouveau paquet de mesures portant sur 11,5 milliards d\'euros d\'économies budgétaires supplémentaires pour 2012 et 2013, afin de rattraper les retards pris par le pays. Mais la fragilité de la coalition gouvernementale limite sa marge de manœuvre.Des réformes comme gage de bonne foiConscients qu\'il faut bien donner quelque chose en échange », les responsables du ministère de l\'économie et des finances se sont réunis ce week-end au domicile du premier ministre grec, toujours alité, pour établir une stratégie. Celle-ci tient en deux points : accélérer les privatisations durant l\'été et mettre en place les reformes structurelles chères à la troïka. Parmi ces réformes : la fermeture d\'organismes publics, la préparation du projet de loi fiscale, l\'application des changements déjà adoptés pour le marché du travail, la réduction des dépenses dans le domaine de la santé et l\'ouverture des marchés et des professions.Pression des créanciersLa mission de la Troika prendra fin le 22 juillet et ce n\'est que le 24 juillet que commenceront les négociations sur l\'actualisation du « mémorandum », l\'accord signé en mars par le gouvernement Papadémos. C\'est que le temps presse : le 20 août viennent à terme les obligations de l\'Etat grec détenues par la BCE. Il y a donc péril en la demeure pour Athènes si elle veut rembourser à temps. D\'autant que les créanciers maintiennent un discours ferme en estimant que la Grèce doit respecter les conditions du plan sans accumuler de retards. \"Retarder l\'ajustement est risqué : il augmenterait le ratio dette sur PIB du pays en 2020 au-dessus du taux visé de 120% qui est la limite supérieure de ce qui est jugé viable\" pour le pays, a ainsi mis en garde Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE.TolléUn Jörg Asmussen qui a soulevé un tollé en Grèce en soutenant notamment qu\'il est «difficile de demander aux électeurs d\'un pays dont le salaire moyen mensuel des fonctionnaires s\'élève à 1.000 euros, tels que l\'Estonie ou la Slovaquie, de prêter à un pays dont le même salaire moyen s\'élève à 3.000 euros. » L\'institut du monde du travail a fait savoir que dans la fonction publique après 17 ans d\'ancienneté le salaire le plus haut était de 1720 euros bruts par mois.

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