L'éditorial de Philippe Mabille

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La communication est à l'action ce que l'aviation est à l'infanterie : elle prépare le terrain. » Voilà résumé l'un des axiomes clés du sarkozysme. Qu'il s'agisse de sauver Alstom des griffes de Siemens, de sauver l'Europe de la crise financière ou de sauver le monde de la guerre monétaire, on peut toujours compter sur « super-Sarko ». Son talent politique est d'avoir de bonnes intuitions et de savoir se servir d'une situation pour la tourner à son avantage. Parfois, cela se passe mal, comme cet été quand il a fallu prendre le virage sécuritaire pour stopper la fuite des voix UMP vers l'extrême droite. Dussent l'image du président, caricaturé en chef de file des ultranationalistes européens, et celle de la France, patrie des droits de l'homme, en souffrir. Alors que faut-il penser du rêve planétaire de Nicolas Sarkozy d'un nouveau Bretton Woods qui surgirait des décombres encore fumants de la crise à la faveur de la présidence française du G20 ? Tenter une échappée sur l'international au moment où rien ne va plus sur la scène intérieure présente pour le chef de l'État de multiples avantages. Les stratèges de l'Élysée sont convaincus que sa réélection se jouera en 2012 autant sur le bilan de la « rupture » que sur la dernière image que laissera leur champion sur la rétine des électeurs. Certes, le « style » de la présidence a souvent choqué l'opinion. Mais même les socialistes pressentent que cet anti-sarkozysme-là ne suffira pas pour leur apporter la victoire. Après la réforme des retraites, le quinquennat va en effet entrer dans une nouvelle phase, essentiellement politique et de tactique préélectorale. C'est là que le pari du G20 peut se révéler gagnant. Que la Chine accepte d'entrer dans un jeu mondial plus coopératif, et on peut compter sur le président (français) du G20 pour en tirer tous les bénéfices politiques. Qu'au contraire la guerre monétaire s'attise dans un climat d'affrontements protectionnistes, et « super-Sarko » jouera la carte du grand ré-conciliateur d'un monde sous tension. Dans les deux cas, il peut espérer en sortir grandi, là où l'espace politique franco-français tend à le rétrécir.pmabille@latribune.f

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