Big-bang dans l'industrie bancaire britannique

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Le grand big-bang du système bancaire britannique aura bien lieu. Bruxelles a exigé des deux banques semi-nationalisées britanniques des cessions d'actifs qui allaient au-delà des prévisions. Environ 10 % de la banque de détail britannique devront être mis en vente d'ici fin 2013. Un millier d'agences bancaires seront à céder d'ici fin 2013?: 600 de Lloyds Banking Group, 320 de Royal Bank of Scotland, et 76 annoncées la semaine dernière de Northern Rock. « Aujourd'hui marque la fin de vingt-cinq ans de réduction de la concurrence dans le paysage bancaire britannique », estime Paul Myners, le secrétaire d'État à la City. Downing Street a présenté hier son très attendu plan final de sauvetage des banques. Celui-ci représente la conclusion du plan de garantie des actifs toxiques présenté en mars, mais jamais signé. Son ampleur vient rappeler l'étendue du cataclysme bancaire qui a secoué la Grande-Bretagne. L'État britannique met une nouvelle fois la main à la poche, injectant directement 39 milliards de livres (43 milliards d'euros), en plus des 57 milliards qui ont déjà été déboursés l'an dernier.Royal Bank of Scotland, le plus malade des établissements britanniques, s'enfonce un peu plus dans la nationalisation?: l'État fait passer sa participation de 70 % à 84 %, injectant directement 25,5 milliards de livres (28,3 milliards d'euros). Lloyds Banking Group, s'il s'en sort un peu mieux, ne parvient à éviter la garantie des actifs toxiques qu'avec la plus grande levée de fonds jamais réalisée par une entreprise britannique?: 21 milliards de livres, à laquelle l'État accepte de participer (voir ci-dessous).Bruxelles ne pouvait pas laisser faire ce plan sans rien dire. Neelie Kroes, la commissaire à la Concurrence, impose donc l'un des plus importants chamboulements de l'histoire de l'industrie bancaire britannique. RBS est la plus fortement frappée (voir ci-contre). Le Trésor britannique fait valoir que ces aides sont plutôt moins importantes que celles prévues en mars dernier, quand le plan initial a été mis en place. En particulier, le retrait de Lloyds du plan de garantie des actifs toxiques permet de nettement réduire l'exposition potentielle de l'État (260 milliards de livres étaient envisagés). « C'est une amélioration significative pour les contribuables », estime Paul Myners. Le coût total de la tempête financière pour l'État, estimé entre « 20 et 50 milliards de livres » en avril va donc être revu à la baisse lors du prébudget publié à la fin du mois. La facture n'en reste pas moins salée pour les contribuables britanniques. n

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