Merkel porte la voix de l'Europe au Congrès des états-Unis

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DiplomatieUne semaine après sa réélection comme chancelière, Angela Merkel a été le premier chef du gouvernement allemand à prononcer hier un discours devant le Congrès des États-Unis réuni pour l'occasion. En 1957, le chancelier Adenauer s'était en effet exprimé devant les deux chambres séparément. L'ex-citoyenne de la RDA a salué le « grand honneur » qui lui était accordé vingt ans après la chute du mur de Berlin et a insisté sur la reconnaissance de son pays pour le rôle joué par les États-Unis dans la chute du régime est-allemand. Certes, la réunification a tourné une page des relations germano-américaines et l'on se souvient que le gouvernement Schröder avait mené en Europe la fronde contre la guerre en Irak. Mais, pour Dimitris Agirakos, président de l'institut de géopolitique DIAS de Düsseldorf, Angela Merkel a, à partir de 2005, apaisé les relations entre Berlin et Washington. Selon lui, le nouveau gouvernement ne « devrait pas apporter de changement notable » aux relations entre les deux pays. Sa visite entend donc, à ses yeux, « montrer la continuité de cette alliance qui reste fondamentale pour les relations transatlantiques », mais aussi « profiter de l'occasion pour peser sur les États-Unis sur les dossiers brûlants : l'Afghanistan, le changement climatique et la régulation financière ».le temps presse Berlin entend donc insister sur sa relation privilégiée avec les États-Unis. Demain, le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle sera à Washington. Le but de l'Allemagne semble clairement être de porter la voix de l'Europe outre-Atlantique. « Il n'y a pas de meilleur partenaire pour les États-Unis que l'Europe, et il n'y a pas de meilleur partenaire pour l'Europe que les États-Unis », a proclamé Angela Merkel à la tribune du Congrès. Ainsi, sur les grands sujets, la chancelière s'est faite la porte-parole du Vieux Continent, éclipsant le sommet Europe-États-Unis (voir encadré) qui se tenait non loin de là. Aussi a-t-elle exhorté les parlementaires américains, à un mois du sommet de Copenhague, à agir pour la défense de l'environnement (lire ci-dessous). « Nous n'avons pas de temps à perdre. Nous avons besoin d'un accord à Copenhague », a-t-elle martelé, affirmant que « si les États-Unis et l'Europe sont prêts à prendre des engagements, ils convaincront la Chine et l'Inde ». Sur les sujets économiques, elle a défendu la nécessité d'une régulation « durable » au niveau mondial, insistant encore sur l'importance d'une coopération transatlantique. Sur l'Afghanistan, enfin, répondant aux demandes américaines d'un engagement supplémentaire des Européens sur le terrain, elle a appelé à la définition d'une stratégie commune de sortie du conflit.Devant le Congrès, Angela Merkel a donc porté la voix de l'Europe. Le nouveau gouvernement allemand entend-il devenir le partenaire privilégié de Washington ? Pour Dimitrios Agirakos, « le danger d'une concurrence entre les pays membres sur ce thème existe, mais il serait néfaste à l'UE ». Il préfère cependant voir dans la visite d'Angela Merkel un acte d'une stratégie commune visant à renforcer le lien transatlantique. n

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