« Face au risque de déclassement de l'Europe, nous devons réagir »

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Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat chargé des affaires européennesEn ranimant le moteur franco allemand, avec cet agenda de 80 propositions, Paris et Berlin veulent-ils réveiller l'Europe ? Il a fallu près de neuf mois pour que l'Union Européenne accouche d'un système institutionnel nouveau, une période riche en rebondissements, entre la réélection de José Manuel Barroso, la nomination de Herman Van Rompuy à la tête du Conseil européen ou encore celle de Catherine Ashton pour représenter les 27. La nouvelle commission européenne ne sera investie que la semaine prochaine et il faut lui accorder une période de rodage, avant de porter un jugement excessif. Mais il est vrai qu'entre la conférence sur le climat de Copenhague et la gestion de la crise à Haïti, on peut s'interroger sur la capacité de l'Europe à exposer sa vision. Ajoutez à cela la décision du président Obama de ne pas se rendre fin mai au sommet UE-États-Unis de Madrid, et vous comprendrez que nos partenaires n'ont pas attendu que les nouveaux téléphones européens se mettent en place pour avancer. Or pendant ces mois, la crise a particulièrement frappé l'Europe. Conséquence : son affaiblissement économique relatif , voire le risque de déclassement, et parallèlement l'irruption de nouveaux acteurs puissants sur la scène mondiale ont engendré une catharsis utile : mais plutôt que de se livrer à l'auto-flagellation, mieux vaut réagir. C'est l'objectif de ce rendez-vous franco-allemand. Dans l'agenda franco-allemand figurent pas moins de 80 propositions : c'est imposant ? Oui, mais l'important est qu'elles soient concrètes. Voyez par exemple nos projets en matière de couvertures santé dans les zones frontalières, de régime matrimonial... Nous voulons que ces mesures touchent le quotidien de nos concitoyens pour montrer que la coopération franco-allemande entre gouvernements est une force d'entraînement qui peut améliorer la vie de chacun. Il ne s'agit pas d'un catalogue : ces mesures sont évaluées, financées et programmées. Mon homologue allemand Werner Hoyer et moi-même, nous allons veiller au bon déroulement de ces projets. C'est sans précédent, on n'a encore jamais vu un tel niveau de coopération. Désormais, on verra un ministre français présenter un projet au conseil des ministres allemand, et vice-versa...Quel sera l'effet pour l'ensemble de l'Europe ?Nous voulons développer une politique économique et industrielle à l'échelle communautaire, avec par exemple une véritable réciprocité dans les offres publiques. C'est nécessaire si on veut garder les emplois en Europe. De même, on va défendre la Politique agricole commune (PAC), car la sécurité alimentaire pour l'Europe est une priorité sur une planète où vivent 9 milliards de personnes. En la matière, et plus généralement, le débat sur le protectionnisme relève de la naïveté ou de l'idéologie. Et au niveau mondial ?Nos deux pays veulent une régulation financière, par exemple en mettant fin au secret bancaire. Il y a une convergence totale entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pour cela. Cela se verra notamment lors du sommet du G20 qui se tiendra à Paris en 2011.Comptez vous portez ces propositions le 11 février prochain lors du sommet économique européen ? Naturellement : nous aurons l'occasion ce jour là de défendre l'idée d'instituer au sein des 27 états européens un mécanisme de surveillance économique. nous avons tout fait pour que l'Allemagne et la France jouent le rôle de locomotives, notamment sur la réduction des déficits publics et sur la coordination des politiques économiques au sein de l'UE . n

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