L'Afrique renoue avec une croissance forte

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L'Afrique subsaharienne a plutôt bien traversé la récession mondiale et renoué depuis fin 2009 avec les rythmes élevés de croissance qui prévalaient avant la crise. Le continent apparaît de plus en plus comme une terre d'opportunités pour les grandes entreprises. Les ressources minières considérables du continent et l'émergence d'un marché solvable suscitent l'intérêt des entreprises chinoises, indiennes ou brésiliennes secouant les positions acquises par les anciennes puissances tutélaires. Le 20e World Economic Forum on Africa - le Davos africain - qui coïncide avec le cinquantenaire des indépendances - témoigne de l'intérêt croissant du continent auprès des milieux d'affaires. Près d'un millier de participants (un record) de 85 pays sont attendus cette année à Dar Es Salam en Tanzanie. Les banquiers, désireux de se brancher sur une région qui semble enfin décoller, constitueront le gros des bataillons de participants. L'Afrique subsaharienne croît deux fois plus vite que les pays développés. Le continent devrait voir son activité économique progresser de 4,7 % en 2010 et 5,7 % en 2011, selon le dernier rapport sur les perspectives économique de l'Afrique subsaharienne du FMI. La Tanzanie, qui affiche une croissance de 7 % l'an en moyenne depuis le début du siècle, croîtrait de 6,2 % cette année et 6,7 % l'an prochain.capacité de résistance « L'un des aspects peut être les moins remarqués de la récession mondiale a été la capacité de résistance dont a fait preuve l'Afrique subsaharienne », souligne le FMI. Les pays exportateurs ont été les plus touchés par la crise. Les pays producteurs de pétrole ont ainsi vu leur croissance chuter à 3,7 % en 2009 contre un niveau moyen de 8,5 % durant les années 2004-2008. En Afrique du Sud, gros producteur de minerais, les exportations ont reculé de 20 % l'an dernier. L'Afrique a également fait face à un tarissement significatif des entrées de capitaux passées de 53 milliards de dollars en 2007 à 22,8 milliards en 2009. Le FMI souligne toutefois que ce repli de 57 % a été moins important qu'ailleurs. Les entrées de capitaux dans les pays émergents et en développement ont chuté de 72 % sur la même période. Les économies du continent ont continué d'être irriguées par l'argent des immigrés travailant dans les pays du nord. Après avoir culminé à 18 milliards de dollars en 2008 (2,2 points de PIB des pays destinataires en moyenne), les transferts auraient finalement baissé de 500 millions de dollars seulement en 2009, selon des estimations préliminaires. La plupart des pays sont entrés dans la crise avec des fondamentaux économique beaucoup plus solide. « La riposte des pouvoirs publics, en particulier sur la plan budgétaire, a été très impressionnante », souligne le FMI. La plupart des pays ont, pour la première fois, pu s'offrir le luxe d'une hausse des dépenses publiques alors que dans le même temps les recettes fiscales chutaient lourdement. LE FMI constate ainsi que les dépenses consacrées au développement, à l'éducation et à la santé ont continué de croître pendant la crise. « Ces résultats sont très encourageants », souligne le FMI. Dans le passé, les économies africaines redémarraient avec retard par rapport au reste du monde. Les gouvernements ne disposaient alors que d'une marge de manoeuvre réduite pour soutenir la reprise. n

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