Le boom minier australien au service des retraites

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L'Australie va bien. La hausse du taux directeur à 4,5 % annoncée ce mardi - la sixième depuis octobre - témoigne que le pays ne craint pas la panne économique mais plutôt la surchauffe des prix, immobilier et des matières premières notamment. Appétit dévorant de la Chine oblige, le pays est en plein boom minier et c'est pour en faire profiter tout le pays que le premier ministe Kevin Rudd vient d'annoncer l'instauration d'une taxe de 40 % sur les bénéfices des compagnies minières. La rumeur courait depuis longtemps. Elle s'est confirmée à quelques mois des élections fédérales de novembre prochain... Grâce à cette nouvelle manne fiscale, Kevin Rudd promet une ligne d'investissements de l'équivalent de 500 millions d'euros dédiée aux infrastructures et surtout le financement du système de retraites. Cette surtaxe s'appliquera à l'ensemble des minerais extraits dans le pays, ainsi qu'aux gisements gaziers, généralisant le modèle déjà appliqué avec succès aux hydrocarbures depuis le début des années 90. Selon les prévisions du Premier ministre, elle devrait rapporter plus de 6 milliards d'euros par an aux caisses de l'état fédéral et entrera en application en 2012, une fois la proposition votée par le parlement.Qualifié de « désastre »Les représentants des compagnies minières, qui avec 35 milliards d'euros ont contribué à hauteur de 21 % aux recettes fiscales collectées par Camberra l'an passé, ont immédiatement qualifé cette nouvelle fiscalité de « désastre », estimant que le gouvernement « punit injustement un secteur qui a permis au pays de résister mieux que les autres à la crise financière », pour reprendre la formule de David Peever, l'un des patrons de Rio Tinto. Le géant anglo-australien, qui en compagnie de BHP-Billiton, pourrait devoir débourser plus de 80 % du montant attendu par le gouvernement, en subit les conséquences en bourse (voir ci-dessus).Accusé par la première industrie du pays, dont les ventes pèsent plus de 50 % des exportations en valeur ces dernières années, de vouloir « tuer la poule aux oeufs d'or », Kevin Rudd se défend en assurant vouloir faire payer « le juste prix », à des compagnies qui alignent les records, à l'image de BHP dont les profits ont plus que doublé l'an passé. « Le Premier ministre donne l'impression de prendre l'argent aux riches pour le redistribuer aux travailleurs », observe un analyste de Sydney. Un calcul jugé « populiste » mais qui pourrait s'avérer politiquement payant... nl'instauration d'une taxe de 40 % sur les bénéfices des compagnies minières vient d'être annoncée.

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