Mouvement de panique sur les groupes miniers

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le projet fiscal pourrait amputer les bénéfices de Rio Tinto de 21  % et de 17  % ceux de BHP Billiton sur l'exercice 2013.Les géants miniers ont bel et bien démontré qu'ils étaient des collosses aux pieds d'argile en bourse. BHP Billiton et Rio Tinto, les deux groupes emblématiques de l'industrie minière australienne sondent en effet chaque jour les profondeurs du marché. Après avoir perdu respectivement 3 % et plus de 4 % vendredi à Londres, les deux titres ont poursuivi leur chute avec des baisses respectives de plus de 4 % et 5 % ce mardi. Un mouvement qui en dit long sur l'état d'esprit des investisseurs après l'annonce en fin de semaine dernière par le gouvernement australien d'imposer à compter du 1er juillet 2012 une taxe fédérale de 40 % sur les bénéfices des sociétés minières. Selon les analystes d'UBS, le projet fiscal pourrait amputer les bénéfices de Rio Tinto de 21 % et de 17 % ceux de BHP Billiton sur l'exercice 2013. Surtout, les spécialistes s'inquiètent des retombées sur l'attractivité de ce secteur devenu depuis quelques années un véritable eldorado pour les investisseurs étrangers. Poussée par la fièvre spéculative entourant l'appétit gargantuesque de la Chine pour les matériaux de base, l'activité des fusions-acqusitions a repris de plus belle en Australie pour atteindre en valeur 27,3 milliards de dollars depuis le début de l'année, selon les chiffres de Bloomberg. Le phénomène s'est illustré notamment via l'OPA, toujours en cours, sur Macarthur Coal dont le cours de bourse a flambé de plus de 40 % depuis le début de l'année ... mais a fondu parallèlement de plus de 12 % depuis l'annonce du projet de taxe. Mouvement un peu exagéréTous les intervenants de marché ne cèdent toutefois pas obligatoirement à la panique. Conscients que la mesure annoncée doit encore être débattue au parlement et qu'elle n'entrera en vigueur que dans deux ans, certains observateurs estiment que le mouvement actuel est un peu exagéré. Car en définitive, cette taxe ne remet pas en cause les fondamentaux de cette industrie basée sur une croissance chinoise qui, jusqu'à preuve du contraire, ne se dément pas. Convaincus que la croissance plus générale des pays émergents ne va pas s'arrêter en si bon chemin, certains intervenants estiment que la demande pour les matières premières et notamment pour le minerai de fer (dont l'Australie est le deuxième exportateur mondial) va continuer de croître dans les années à venir. Et profiter aux miniers australiens. La baisse actuelle de leurs cours constituent, dans ces conditions, une sérieuse opportunité d'achat. Gaël Vaut

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