Silvio Berlusconi n'a pas perdu sa capacité de nuire

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Le cauchemar des dirigeants européens et des marchés est-il définitivement hors circuit ? La confirmation de la condamnation par la cour de cassation jeudi de Silvio Berlusconi n\'a pourtant pas complètement réduit à néant le pouvoir du Cavaliere. Bien au contraire.Une procédure pas terminéeAu-delà de la condamnation de l\'ancien président du conseil à de la peine de prison ferme (peine qu\'il ne devrait pas effectuer réellement), l\'essentiel de l\'affaire réside dans l\'interdiction d\'exercer des fonctions publiques pendant 5 ans qui conduit à une inéligibilité de 6 ans. Mais Silvio Berlusconi est sénateur. Il est donc protégé par son immunité parlementaire. Pour appliquer la condamnation, le Palazzo Madama, siège du sénat italien, doit lever cette immunité.Or, c\'est ici que le bât blesse. Ce vote, qui se tiendra sans doute à la rentrée, sera très indécis. Le Sénat est la chambre où la répartition politique est la plus dispersée. C\'est d\'ailleurs à cause de l\'absence de majorité à cette chambre que le centre-gauche n\'a pas pu former un gouvernement seule et a dû en passer par une « grande coalition » avec le centre-droit.Le dilemme de LettaLe président du conseil italien Enrico Letta se trouve face à un dilemme très difficile à résoudre. Membre du Parti démocrate et leader actuel du centre-gauche, il aura bien du mal à faire accepter à ses sénateurs et surtout aux électeurs de son camp la protection de Silvio Berlusconi. D\'autant que s\'il demande la levée de l\'immunité du Cavaliere, il risque de rompre tous les ponts avec le centre-droit.Un centre-droit affidé à Silvio BerlusconiEn effet, l\'existence même du centre-droit italien est radicalement liée à la figure de Silvio Berlusconi. Depuis 1994, le Cavaliere a verrouillé son camp, a exclu toutes les figures qui, comme Gianfranco Fini, pouvait lui faire de l\'ombre. Il n\'y a pas d\'alternative à droite à Silvio Berlusconi. Autrement dit, le centre-droit n\'a d\'autres choix que de défendre son leader à tout prix ou d\'exploser. D\'où, sans doute, un ultimatum au centre-gauche : ou l\'on sauve le Cavaliere ou le gouvernement d\'unité nationale appartient à l\'histoire.Le danger d\'élections anticipéesLa perspective d\'un nouveau scrutin ne peut guère satisfaire à Enrico Letta qui, comme Mario Monti jadis, est surtout populaire par son caractère « non partisan. » Les derniers sondages sont très défavorables au centre-gauche qui accuse un retard de 6 points sur le camp de Silvio Berlusconi. Au mieux donc, on se retrouverait avec le même blocage qu\'en février dernier. Au pire, avec une majorité de centre-droit téléguidée directement ou indirectement par le Cavaliere.Un Cavaliere CombatifJeudi soir, dans une intervention vidéo, ce dernier a du reste affirmé qu\'il ne lâchait pas la politique. Il a même annoncé la relance de Forza Italia, le parti avec lequel il avait conquis le pouvoir en 1994 en quelques semaines. Il a aussi fustigé la gauche qui, alors, avait pensé « s\'emparer du pouvoir. » C\'est donc un Silvio Berlusconi batailleur et pas décidé à quitter la vie politique qui s\'est montré aux Italiens. Ses adversaires ont sans doute crié victoire trop tôt. Le Cavaliere peut encore influer sur la vie politique italienne et, partant, peser lourd dans les affaires européennes.     

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