Corruption : BAE Systems, un bon élève pas toujours exemplaire

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C\'est tout le paradoxe et les limites de ce classement sur la transparence des grandes entreprises de défense (129 au total) publié par l\'ONG Transparency. L\'un des groupes les mieux notés est le groupe britannique BAE Systems, qui obtient la note B (de A à F) tout comme le groupe tricolore Thales et huit autres entreprises de ce secteur hautement stratégique pour les Etats. Faut-il rappeler que BAE Systems avait été au coeur d\'un énorme scandale du contrat Al-Yamamah signé en 1985 avec l\'Arabie saoudite (96 avions de combat Panavia Tornado, 24 Tornado ADV, 50 BAE Hawk, 50 avions d\'entraînement Pilatus PC-9 pour plus de 50 milliards d\'euros) au début des années 2000? L\'enquête sur le contrat Al-Yamamah abandonnée en 2006Le Serious Fraud Office (SFO), l\'autorité anti-fraudes du Royaume-Uni, ouvre une enquête en 2003 pour déterminer si des officiels saoudiens ont perçu des pots-de-vin en marge de ce méga-contrat. En 2004, des proches du dossier accusent BAE Systems d\'avoir alimenté une caisse noire de 60 millions de livres, tandis que la BBC accuse en 2007 l\'entreprise d\'avoir versé \"des centaines de millions de livres\" à l\'ancien ambassadeur saoudien à Washington. Mais le SFO doit abandonner son enquête sur le contrat Al-Yamamah en 2006 après l\'intervention directe de Tony Blair, alors Premier ministre, qui explique que l\'enquête pourrait nuire à la sécurité nationale. Plus de deux ans après que les accusations de corruption contre BAE Systems en Arabie Saoudite aient été enterrées par Tony Blair, le groupe britannique est à nouveau rattrapé par le SFO pour des contrats en Tanzanie, Roumanie, République Tchèque et Afrique du Sud.Une amende de plus de 300 millions d\'eurosAu final, le groupe britannique de défense a dû payer une amende de 450 millions de dollars (316 millions d\'euros) au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, mettant un terme à une longue affaire de corruption des deux côtés de l\'Atlantique. BAE Systems a plaidé coupable d\'avoir diffusé de fausses informations au gouvernement américain, en particulier sur des accords conclus en Arabie saoudite pour les Tornado, et pour ne pas avoir communiqué aux autorités britanniques les montants de règlements reçus en provenance de Tanzanie, pour un système de radar.Comme quoi les groupes peuvent bien communiquer publiquement et de façon détaillée sur les systèmes et procédures qu\'ils mettent en place afin de prévenir la corruption et ne pas en tenir compte. D\'où les limites de ce genre de classement. \"Il est dans l\'intérêt de ces entreprises, comme des gouvernements et des contribuables, que l\'industrie de défense améliore ses normes au niveau mondial. J\'espère que l\'industrie de défense relèvera le défi et adoptera de bonnes pratiques pour empêcher la corruption et augmenter la transparence dans le secteur\", a commenté Mark Pyman, l\'auteur de l\'étude. A suivre...

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