« Les actionnaires activistes de Genzyme nous ont semblé favorables à notre projet »

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chris Viehbacher, directeur général de Sanofi-AventisAprès des semaines de discussion, vous vous êtes décidé à lancer officiellement une offre sur Genzyme. Pourquoi maintenant ?C'est la suite logique du processus d'OPA aux États-Unis. Je rappelle qu'il y a des différences sur ce type d'opération entre les États-Unis et la France. En France, une offre est amicale ou hostile. Aux États-Unis, c'est plus compliqué. On peut lancer une OPA, mais, même si les actionnaires décident d'apporter 51 % du capital, voire davantage, on n'obtient pas forcément les titres. Il faut l'aval du conseil d'administration et tout dépend du prix. Le lancement de cette offre est pour nous un moyen de faire entendre la voix des actionnaires de Genzyme. Nous avons pu rencontrer nombre d'entre eux durant une vingtaine de réunions à New York et à Boston, et nous avons ainsi constaté leur frustration. Les actionnaires activistes de Genzyme, en particulier, nous ont semblé favorables à notre projet. Nous avons rencontré ensuite les dirigeants de Genzyme qui nous ont simplement dit ?votre prix n'est pas assez élevé?, mais sans préciser le niveau qu'ils souhaitaient. Et ils ont refusé toute discussion. Quelle va être la prochaine étape du processus ?Le conseil d'administration de Genzyme doit faire connaître sa réponse formelle dans les dix jours ouvrés. Il peut soit approuver notre proposition, soit rester neutre, soit la rejeter. Dans ce dernier cas, il doit motiver son refus et préciser à combien il valorise l'entreprise. Genzyme a connu récemment de sérieux problèmes de production. Savez-vous où en est l'entreprise sur ce sujet ?Nous n'avons aucune information sur ce point, mais il est certain qu'il lui faudra du temps pour revenir à la normale. Sur ce sujet, nous pensons que Sanofi dispose du savoir-faire pour aider Genzyme. Il s'agit d'un problème de remplissage et d'emballage dans un environnement stérile et ce sont des techniques que nous maîtrisons pour nos propres médicaments, comme le Lovenox par exemple. Certains analystes ont émis des doutes sur l'opportunité d'un mariage entre Sanofi et Genzyme, en faisant valoir qu'il s'agissait de marchés et de produits très différents. Que leur répondez-vous ?Ceux qui émettent cette critique pensent surtout aux traitements des maladies orphelines développés par Genzyme. C'est effectivement un domaine sur lequel Sanofi n'est pas présent, mais il ne représente que 40 % du chiffre d'affaires de Genzyme. Les 60% restants, ce sont des types de produits qui nous sont familiers, mais sur lesquels Genzyme n'a pas la masse critique et se trouve handicapé par une structure de coûts assez lourde. Il y a donc des synergies possibles.Sur les maladies rares, l'acquisition de Genzyme donnerait à Sanofi l'opportunité de se renforcer dans les biotechnologies et de consolider sa position aux Etats-Unis qui doivent rester le premier marché du groupe.Propos recueillis par O. E.

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