Les investisseurs chinois ont longtemps boudé l'Hexagone

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La France n'est pas considérée comme un pays potentiellement attractif pour les investissements chinois, selon un récent sondage réalisé pour le « Conseil pour promouvoir le commerce international ». Elle est d'ailleurs classée loin derrière l'Allemagne et la Grande-Bretagne. « Les relations commerciales très modestes entre les deux pays sont une barrière naturelle pour les investissements chinois en France », souligne Françoise Nicolas, auteur d'un rapport publié par Chatham House en janvier. L'Allemagne qui dispose de relations commerciales plus étroites avec Pékin (important deux fois et demi plus de biens chinois que la France) est aussi la destination favorite des investissements chinois en Europe, juste après le Royaume-Uni. Lourdeurs administrativesCe manque d'intérêt chinois pour la France s'explique par une perception quelque peu décalée : l'Hexagone est considéré comme un pays de culture et de loisirs et non comme puissance industrielle. Les lourdeurs administratives et la langue constituent également, vu de Pékin, des freins. Globalement, toutefois, les investissements chinois à l'étranger restent marginaux, à peine 3 % des investissements directs mondiaux. Une grande part transite par Hong Kong et vers d'autres marchés (Asie, Afrique) où les coûts opérationnels sont plus faibles. Surtout, l'expansion des entreprises chinoises hors de leur marché traditionnel est un phénomène qui n'a pris de l'ampleur que depuis cinq ans. Les grandes opérations médiatiques, tel le rachat du suédois Volvo par le chinois Geely, sont encore rares et loin d'être la norme. Les entreprises chinoises hésitent à investir massivement à l'étranger. « La plupart de leurs dirigeants n'ont pas d'expérience en fusion-acquisition, encore moins pour gérer une entreprise à l'étranger. Ils manquent aussi d'expérience pour calculer les coûts et bénéfices d'une acquisition », explique Françoise Nicolas. Sur le long terme, cependant, les investissements chinois à l'étranger, et donc en France, devraient croître en rapport avec l'économie du pays. Au total, quelque 200 entreprises chinoises ont ouvert des filiales en France.

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