Vers une concentration des pôles de compétitivité ?

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C'est ce qui appelle avoir le sens du timing. Alors que s'ouvre ce mardi à Bercy la 11ème journée nationale des Pôles de Compétitivité, un rapport publié ce jour par l'Institut de l'Entreprise préconise la concentration des pôles de compétitivité. De 71 aujourd'hui, le think tank suggère d'en réduire le nombre à une dizaine, spécialisés dans des technologies dont les débouchés commerciaux sont les plus porteurs. Créés en novembre 2004 à l'initiative du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, les 71 pôles de compétitivité regroupent des entreprises, de toutes tailles, des universités et des laboratoires de recherche publics et privés autour de thèmes précis.Ce rapport ne se concentre pas uniquement sur les pôles mais dresse également un bilan critique de ces réunions géographiques d'entreprises, d'universités et d'instituts de recherche soutenus par l'Etat pour développer l'innovation.Une vision décentralisée aujourd'hui dépassée« Cette vision d'une politique centralisée conduite d'en haut était pertinente dans le contexte d'après-guerre mais est aujourd'hui dépassée, dans une économie soumise à forte concurrence », explique le rapport qui détaille l'apport des pôles de compétitivité. Selon ses calculs : ils représentent aujourd'hui 1,5% des brevets, 4,5% des dépenses de recherche et développement et 5% des créations d'entreprises innovantes.C'est peu. Autres enseignements, sur les 71 pôles de compétitivité, 62 se partagent la moitié des financements... Sur 85 technologies d'avenir, seules treize sont correctement couvertes par les pôles. C'est également peu. Pourtant, « la France est compétitive dans trente-cinq » note l'institut qui regrette « le saupoudrage et la dispersion des financements, encore aggravés par l'existence à l'échelon local de dispositifs qui se superposent au dispositif national ».Eviter les choix politiques« Il est donc urgent que l'Etat renouvelle sa vision stratégique et concentre son financement sur quelques technologies d'avenir et qui engage une sélection faite sur la base des écosystèmes d'ores et déjà les plus performants et les plus engagés à l'international et non d'un choix a priori et de nature politique », explique l'Institut. Alors que les Régions tentent, notamment via la Banque publique d'investissement (BPI) de renforcer leur rôle économique sur les territoires, l'Institut de l'Entreprise apporte un peu d'eau au moulin de ceux qui doutent de leur capacité à gérer efficacement sur le plan économique le denier public.La clé du succès réside dans la capacité à transformer rapidement ces innovations technologiques en innovations commerciales », avance l'Institut de l'Entreprise qui suggère que les pôles de compétitivité soient désormais davantage gouvernés « par une logique de services à leurs usagers que sont les entreprises qu'à une logique de projet recherche et développement ».Un retour sur investissementConcrètement ? Il s'agirait d'orienter les pôles « vers un objectif clair de retour sur investissement », insiste l'Institut pour qui l'avenir des pôles de compétitivité dépend de la capacité qu'aura l'Etat à y intégrer les grandes entreprises. « Les grandes entreprises apportent en effet aux écosystèmes dans lesquels elles s'inscrivent des compétences clés dont les acteurs de plus petite taille ne disposent pas, compétences à même de renforcer la productivité de l'ensemble de leurs partenaires », insiste-t-il. A l'heure du tout PME, la proposition est intéressante...Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin font aussi leurs propositionsPrésents lors de cette journée, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif a précisé que les pôles devaient s’organiser "pour mieux convertir leurs projets de R&D en programmes industriels et devenir ainsi de véritables usines à produits d’avenir". "Les pôles de compétitivité travailleront aussi en plus étroite collaboration avec les filières industrielles du Conseil National de l’Industrie". Egalement présente Fleur Pellerin, la ministre des PME a expliqué que les pôles de compétitivité devaient accroître leur effort d’accompagnement des PME, "notamment pour l’accès au financement et l’exportation". Elle a insisté sur "la mobilisation des directions des achats des grands groupes pour renforcer les collaborations dans le tissu industriel français". 

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