... et fait rebondir vivement le dollar face à l'euro

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changesDepuis deux jours, deux événements économiques majeurs sont intervenus de part et d'autre de l'Atlantique. Côte européen, la Banque centrale européenne, à l'issue de son dernier conseil de l'année jeudi, a annoncé une série, beaucoup plus importante qu'attendu, de mesures de retrait progressif des outils non conventionnels mis en place pour conjurer la crise. Même si son président, Jean-Claude Trichet, a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'un signal d'inflexion du cycle de politique monétaire dans un avenir prévisible, le marché y a vu le prélude à une hausse des taux plus rapprochée qu'il ne l'anticipait jusque-là. amélioration fragileCôté américain, ce fut une divine surprise vendredi : le rapport sur l'emploi de novembre a bousculé comme jamais le consensus des économistes. Alors que le taux de chômage est retombé de 10,2?% à 10?% de la population active, les destructions de postes de travail ont été limitées à 11.000, alors que 120.000 pertes étaient attendues. En outre, les chiffres des deux mois précédents ont été révisés en baisse, avec 111.000 emplois détruits en octobre, contre 190.000 initialement annoncées et 139.000 en septembre contre 219.000. Il n'en fallait pas plus pour redonner vie aux anticipations de durcissement monétaire de la Réserve fédérale au cours des prochains mois, la plupart des économistes estimant qu'elle ne pourra pas rester en situation de taux zéro, créateur de bulles, dès lors que la situation de l'emploi, l'un des paramètres clé de sa politique, aura recommencé à progresser. D'autant que James Bullard, le président de la Fed de Saint Louis, a affirmé jeudi que même en cas de reprise sans emploi, la banque centrale pourrait devoir durcir les conditions de crédit.« Même si cette amélioration reste fragile, elle remet en question le scénario d'une reprise sans emploi et donc d'une politique monétaire durablement accommodante », estime Christian Parisot, économiste d'Aurel BGC, qui prédit que si les membres de la Fed durcissent effectivement leur discours au cours des prochaines semaines, les taux longs remonteront fortement. D'ailleurs, le rendement des emprunts d'État américains à 10 ans, monté à plus de 3,50 %, s'est tendu de près de 15 points de base dans la foulée de la publication des statistiques. Sur le marché des changes, le dollar a d'autant plus vigoureusement rebondi face à l'euro qu'il avait dévissé la veille, après la réunion de la BCE, se hissant jusqu'à 1,4870. Mais les événements des derniers jours risquent de se neutraliser, prolongeant le cheminement du couple euro-dollar à l'intérieur d'une étroite fourchette de transactions, centrée autour de 1,50. Dans un climat ou les paris sur qui de la Fed ou de la BCE tirera la première vont commencer d'aller bon train. Isabelle Croizard

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