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Identité nationale : Fillon calme le jeu

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Publié le 05 décembre 2009 à 00:42 - Mis à jour le 05 décembre 2009 à 00:42

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Venu clore vendredi le colloque « Qu'est-ce qu'être français ? » organisé par l'Institut Montaigne en pleine polémique sur l'utilisation électorale du débat, le Premier ministre s'est posé en démineur. Dans une équation particulièrement difficile : comment éviter que le questionnement sur l'identité française ne soit submergé par celui sur la politique migratoire de la France ? Et comment intégrer les interrogations sur l'islam, aujourd'hui la deuxième religion en France, sans stigmatiser les musulmans ?Il lui fallait donc, d'abord, justifier la légitimité du débat. C'est précisément, dit-il, « pour ne pas laisser le champ libre aux extrémistes », mais aussi pour « resserrer notre pacte national » et « être convaincu que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise » qu'il faut débattre de notre identité. Laquelle « ne s'est jamais définie de façon spontanée », mais plutôt « pas à pas » par la force de l'État et de la loi, la communion de la langue, et la force structurante de l'école. Si, « parce que nous sommes pluriels, la querelle est consubstantielle à l'unité de notre communaut頻, « cette question, rappelle François Fillon, est aussi vieille que la France et aussi plurielle que notre identit頻. « Je ne crois pas qu'on soit français sans y réfléchir », a-t-il conclu. À la recherche du socle commun aux Français dans un monde qui change, le Premier ministre a invoqué l'histoire, dont « nous sommes héritiers », la culture dont nous sommes « dépositaires, et les valeurs de notre République. L'histoire, d'abord. Il considère qu'« être français, c'est entretenir avec l'histoire de France un rapport d'émotion familière. C'est retrouver en elle ses marques ». « C'est se sentir chez soi dans l'épopée qui va d'Alésia à Koufra » (en Libye, en février 1941, le colonel Leclerc fait le serment de se battre jusqu'à la libération de Strasbourg). Mais, reconnaît-il, dans ce « vieux pays d'enracinement », « les identités se stratifient sans s'effacer ». La culture, ensuite. Être français, dit-il, c'est aussi « participer à un système culturel qui a fasciné l'Europe, le goût pour la conversation et pour la rhétorique, la distance vis-à-vis des croyances exclusives, le goût pour la critique, et cette manière d'aborder la réalité avec les exigences d'une vision intellectuelle. »libertés...Adressé devant l'Institut Montaigne, ce discours très intellectuel ne sera guère entendu au-delà du périphérique par les nouvelles générations de Français. Mais le message adressé à tous, c'est que seule l'adhésion à des valeurs communes peut cimenter l'identité nationale. C'est d'ailleurs précisément en ces termes qu'un débat sur les « british values » a été lancé au Royaume-Uni. Parmi ces valeurs « héritage du pays des droits de l'homme », dit François Fillon, figurent la liberté (de croire), l'égalité (des droits), la laïcité, mais aussi la volonté d'être une nation, et la fierté d'être français qui « conditionne la solidité de notre modèle politique. »« Qu'est-ce qu'être français ? Il n'y a pas de réponse unique, dit-il. Seulement, des lignes de force qui nous rassemblent. » Parmi lesquelles la volonté de l'être. Une philosophie qui fait écho à celle exprimée juste avant lui par un Sénégalais devenu américain, chargé des affaires internationales du parti démocrate, Thiome Niang : « On ne peut pas vivre en France et ne pas l'aimer. » dit l'ancien responsable de la campagne de Barack Obama auprès des jeunes. nÊtre français, c'est partager une histoire, une culture, et des valeurs communes.

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