Les primes ne limitent pas la casse du marché japonais

La reprise des ventes de voitures au Japon est largement artificielle. Comme sur d'autres marchés largement subventionnés par les pouvoirs publics. Les primes à la casse (jusqu'à 2.000 euros environ) pour l'achat de voitures plus économes en carburant, mais aussi les exemptions de taxes pour les modèles hybrides ou fonctionnant au gaz naturel voire certains diesels (une catégorie quasi inexistante au Japon), ont effectivement entraîné 600.000 ventes supplémentaires en 2009, selon l'Association des constructeurs Jama.Un aiguillon qui n'a toutefois pas empêché le marché automobile d'afficher une chute de 9,3 % sur la totalité de 2009 à 4,61 millions d'unités. Malgré des progressions sur les trois derniers mois de l'année. Même les mini-véhicules, fiscalement favorisés dans l'archipel et représentant 35 % du marché, ont fléchi en 2009 de 9,7 % à 1,69 million d'unités. Certes, 2010 pourrait marquer une petite hausse par rapport à l'année précédente à 4,8 millions, grâce aux 900.000 ventes « primées » escomptées par la Jama. Mais, on sera encore loin des 5 millions d'immatriculations enregistrées sans discontinuer entre 1978 et 2008 !Les aides conjoncturelles ne devraient donc pas inverser la tendance de fond constatée depuis le marché record de 1990 à 7,78 millions. En effet, la population de l'archipel vieillit et diminue inexorablement. Les jeunes sont beaucoup moins passionnés par l'automobile que leurs aînés, affirment tous les sociologues. Et, comme le maillage du pays en transports en commun est particulièrement élevé, l'industrie automobile continuera de souffrir, expliquent en c?ur les constructeurs japonais.Malmenées par leur marché intérieur, les firmes nippones misent néanmoins sur l'Europe ou les États-Unis en dépit de la crise actuelle, et, surtout, sur la Russie, où Nissan et Toyota sont industriellement implantés, la Chine, où Toyota, Honda et Nissan jouent un rôle crucial, et enfin l'Inde, paradis de Suzuki. Dans ce pays, Toyota a ainsi annoncé, à l'occasion du salon de New Delhi, qu'il comptait y vendre 70.000 unités par an de son nouveau modèle à bas coût Etios, dont le prix doit être inférieur à 7.500 euros. Honda y a aussi dévoilé le concept d'un modèle bas de gamme. Alain-Gabriel Verdevoye

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