Épiphanie à haut risque pour Angela Merkel

Le jour de l'Épiphanie est, dans le monde politique allemand, un jour important. La plupart des partis y font en effet leur rentrée politique sous la forme de séminaires toujours très attendus. Et cette année, la traditionnelle réunion des Libéraux du FDP à Stuttgart sera particulièrement suivie. Car le FDP, qui est l'allié au niveau fédéral de la chancelière Angela Merkel, est à la dérive : plusieurs enquêtes le donnent en deçà des 5 % nécessaires à l'entrée au Bundestag. Du coup, depuis plusieurs semaines, le FDP est secoué par des turbulences internes. Son président, Guido Westerwelle, par ailleurs ministre des Affaires étrangères, est désormais contesté et plusieurs cadres du parti ont évoqué sa démission. On lui reproche d'avoir trop promis, puis d'avoir trop cédé. Il est vrai que ses promesses d'une baisse massive de l'impôt sur le revenu n'avaient pas été étrangères au score historique de 14,7 % enregistré aux élections de septembre 2009 par son parti. Et il est vrai également que Guido Westerwelle a enterré son projet lorsque, en mai dernier, Angela Merkel a mis la rigueur à l'ordre du jour. Selon les dernières rumeurs, le patron du FDP ne démissionnerait pas en ce jour des rois, mais il devrait délivrer un discours très offensif. ReconquêteOr, cette volonté de reconquête libérale pourrait se faire aux dépens de l'unité de la coalition. Au sein du FDP, plusieurs voix se sont déjà élevées pour dénoncer le comportement de la CDU. Les conservateurs de la CDU auraient ainsi, selon le secrétaire général libéral Christian Lindner, « trop souvent conduit le FDP dans des débats épuisants qui, à la fin, n'ont pas débouché sur des réformes, mais seulement sur des compromis » qui, ajoute-t-il, « ne nous ont pas permis d'affirmer notre ligne libérale ». Acculés à agir, les Libéraux pourraient donc vouloir se faire entendre, au risque de paralyser l'action gouvernementale et les projets d'Angela Merkel, particulièrement sur le plan budgétaire et européen. Le président libéral de la commission des Finances du Bundestag, Volker Wissing, a d'ailleurs dès mardi critiqué le très modeste plan de « simplification fiscale » du ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble de 590 millions d'euros. « Nous ne pouvons donner l'impression que nous avons des milliards pour l'Europe et pinailler pour des millions pour nos propres citoyens », a-t-il martelé, affirmant que le FDP ne votera pas en l'état un projet également contesté par la CSU bavaroise et une partie de la CDU. Les déboires libéraux pourraient donc raviver les tensions au sein de la coalition et rendre à nouveau la position interne d'Angela Merkel plus inconfortable.

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