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Le regard d'Hélène Fontanaud : Ségo et Sarko, les jumeaux de l'ouverture

La Tribune

Publié le 05 février 2010 à 22:39 - Mis à jour le 05 février 2010 à 22:39

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Samedi, les listes UMP pour les régionales ont été ratifiées dans la douleur. Sous les sifflets. Et les 700 délégués présents au conseil national du parti majoritaire n'ont approuvé qu'à 60 % les arbitrages de la direction. La raison de la colère des troupes, majoritairement issues du RPR ? L'octroi, au nom de l'ouverture sarkozyste et de la recherche d'unité, de 80 places éligibles au Nouveau Centre, 13 au Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, 10 aux chasseurs de CNPT, 4 ou 5 à la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel et 4 aux Progressistes d'Eric Besson. Au détriment de militants étiquetés UMP. On se souvient de l'irritation de Patrick Devedjian, après la formation du gouvernement Fillon en 2007, lorsque ce fidèle du chef de l'État avait souhaité que « l'ouverture aille jusqu'aux sarkozystes ». Mille jours plus tard, l'exaspération des « historiques » de l'UMP n'a pas faibli, mais la détermination de Nicolas Sarkozy à faire « bouger les lignes » reste entière.Les harkis de SégolèneUne détermination qu'on retrouve chez Ségolène Royal, qui bataille en ce moment pour sa réélection à la présidence de la région Poitou-Charentes. L'ex-candidate socialiste de 2007, qui avait bousculé sa famille politique en proposant une alliance à François Bayrou dans l'entre-deux tours de la présidentielle, persiste et signe. Elle a offert cinq places éligibles sur ses listes régionales à des militants du Modem, trois à des écologistes et deux à des syndicalistes. Suscitant la colère d'une soixantaine d'élus, militants et sympathisants socialistes picto-charentais, qui lui ont adressé une lettre ouverte pour « faire connaître leur opposition à toute ouverture aux partis du centre et de la droite ». « S'il fallait une preuve que l'ouverture au Modem signifie le rétrécissement immédiat de la base socialiste, la région Poitou-Charentes vient de la donner », ont renchéri Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, chefs de file de l'aile gauche du PS, hostiles à toute alliance avec les centristes, dans un message adressé à leurs militants. Et Dominique Bussereau, adversaire UMP de la présidente de Poitou-Charentes, a jeté de l'huile sur le feu en comparant les nouveaux « royalistes » à des « harkis »... Le secrétaire d'État aux Transports a ensuite présenté ses excuses aux anciens combattants supplétifs de l'armée française pendant la guerre d'Algérie.Reste que dans cet éternel débat sur bienfaits et méfaits de l'ouverture, Nicolas Sarkozy a plus d'atouts en main que Ségolène Royal. Il dispose dans son parti de bataillons râleurs mais disciplinés, quand son ex-adversaire de 2007 doit poursuivre son chemin en lisière de sa formation politique.

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