Le regard politique d'Hélène Fontanaud

Cette semaine, reportages « sur le terrain » avant les élections régionales. Parmi les sujets de conversation entendus ici ou là, l'absence de Nicolas Sarkozy à l'ouverture du Salon de l'agriculture, où les « Parisiens » communient avec le monde paysan, quelque peu oublié durant les 51 autres semaines de l'année. Le chef de l'État se rend ce samedi porte de Versailles pour la clôture de l'événement. Il aura été précédé par une nuée de ministres et de secrétaires d'État, les secrétaires généraux ou nationaux des principaux partis politiques, des présidents de conseils régionaux et généraux. Ainsi que par son rival déclaré Dominique de Villepin, qui a passé sa journée de mercredi dans la paille et le grain. Et, ultime affront, par le président bien-aimé des agriculteurs, Jacques Chirac, vendredi.Est-ce à dire que Nicolas Sarkozy n'aime pas la campagne ? Non, bien sûr. Même si cette semaine l'ancien élu de Neuilly-sur-Seine paraissait plus préoccupé par le sort des troupes franciliennes de l'UMP que par le cours du lait. Paris vaut bien une messe et l'Île-de-France une grand-messe autour du café et des croissants à l'Élysée un mardi matin.Une vraie-fausse campagneNicolas Sarkozy aime donc la campagne, surtout quand elle est électorale. Il avait juré la main sur le coeur qu'il n'interviendrait pas dans la bataille des régionales. « Le rôle du président de la République n'est pas de faire campagne pour les présidents de région », avait dit le chef de l'État sur TF1 le 26 janvier. Ce qui, sur le fond, n'était pas inexact, puisque les présidents de région sont dans leur écrasante majorité... des socialistes. Mais, depuis cette interview télévisée, Nicolas Sarkozy s'est lancé dans une vraie-fausse campagne électorale, utilisant chacun de ses déplacements, en Corse comme en Guyane, pour marquer son appui à telle ou telle thématique. Il est même allé soutenir des candidats de l'UMP, comme Hervé Novelli, qui porte les espoirs de la droite dans la région Centre. Tout en laissant François Fillon occuper la première ligne, au point d'y gagner un statut de présidentiable.« De toute façon, c'est moi qui serai comptable du résultat », a coutume de répéter Nicolas Sarkozy. « Si je ne m'engage pas, on se demande où je suis, et si je m'engage, on me le reproche. » Les sondages pronostiquent les uns après les autres une débâcle de la majorité. Le grand chelem socialiste espéré par Martine Aubry, après trois ans de crise ininterrompue au PS, semble à portée de main. Nicolas Sarkozy veut voir autre chose dans ce scrutin : si l'UMP se maintient autour de 30 % des voix, autour de ce socle d'or qui lui a permis la victoire en 2007, ce sera pour le président la promesse d'un nouveau blé qui lève pour une récolte en 2012.

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