Les services administratifs, otages du budget américain

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Il ne reste plus que cinq jours aux élus démocrates et républicains pour trouver un accord sur l'épineuse question du budget fédéral 2011. Faute de quoi, de nombreux services de l'administration américaine pourraient garder leurs portes closes lundi prochain. Il s'agirait alors d'une première depuis 1995. À l'époque, quelque 800.000 fonctionnaires avaient été priés de rester chez eux pendant près d'un mois. Les services d'urgence ne seront pas touchés par ces fermetures, tout comme la Poste et d'autres administrations qui ont déjà pris les devants.Repoussée à plusieurs reprises grâce aux lois de financement provisoire - la dernière, adoptée à la mi-mars, prend fin ce vendredi -, l'échéance se fait de plus en plus pressante. Selon les derniers échos à Washington, les deux camps ne seraient cependant plus très loin de s'accorder sur une réduction d'environ 30 milliards de dollars des dépenses publiques jusqu'à la fin de l'exercice budgétaire actuel (30 septembre). Mais les négociations pourraient néanmoins achopper sur les modalités concrètes et les programmes directement concernés par ces coupes. John Boehner, chef de file de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, n'a d'ailleurs cessé de rappeler ces derniers jours que rien n'était acquis.La marge de manoeuvre reste étroite pour les républicains. Car la fermeture de l'administration pourrait leur être politiquement dommageable, à moins de deux ans de la présidentielle. En 1995, Bill Clinton était en effet sorti renforcé de son bras de fer avec le Congrès avant d'être réélu quelques mois plus tard. Mais le « Grand Old Party » doit également contenter la frange la plus radicale de son électorat, celle du Tea Party. Opposée à ce « big government » qui emprunte plus de 40 cents pour chaque dollar qu'il dépense, elle milite pour des coupes bien plus massives (100 milliards de dollars pour 2011). Une stratégie semble se dessiner : transiger aujourd'hui pour concentrer tous les efforts sur le budget 2012, pour lequel les négociations s'ouvriront très rapidement. Nouveau projetPaul Ryan, président de la commission du Budget à la Chambre, vient d'ailleurs de présenter un projet visant à réduire les dépenses publiques de 5.800 milliards de dollars au cours des dix prochaines années - presque six fois plus que l'objectif de la Maison-Blanche - notamment en rognant fortement les coûteux programmes d'assurance santé pour les personnes âgées (Medicare) et pour les plus pauvres (Medicaid).Si aucune mesure n'est prise pour contrôler les déficits publics, la dette de l'État fédéral, qui s'élève actuellement à 14.000 milliards de dollars, pourrait encore s'alourdir de 12.000 milliards lors de la prochaine décennie, estime le Congressional Budget Office.

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