Transgreen à la rescousse de l'Union pour la Méditerranée

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Le gotha des patrons des groupes français de l'énergie se pressait lundi matin sous les ors de l'hôtel de Roquelaure, qui abrite le cabinet de Jean-Louis Borloo. Il faut dire qu'ils étaient reçus par Henri Guaino en personne. L'occasion pour Henri Proglio, PDG d'EDF, ou Patrick Kron, son homologue d'Alstom, d'échanger publiquement une amicale accolade avec le conseiller spécial du président de la République. Anne Lauvergeon, présidente d'Areva, qui s'était d'abord fait remplacer, a fini par se joindre à la manifestation.Malgré l'aréopage de patrons, parmi lesquels l'ancien ministre Thierry Breton, actuel PDG d'Atos Origin, l'ordre du jour était éminemment politique. Le conseiller de Nicolas Sarkozy lançait officiellement le projet Transgreen, qui vise à promouvoir la construction d'un réseau électrique sous-marin pour relier l'Europe et la rive sud de la Méditerranée. L'objectif, ambitieux et original, est de permettre à l'Europe d'importer de l'électricité d'origine solaire produite notamment au Maghreb.Réponsee;ponse au pharaonique projet Desertec lancé par l'Allemagne, Transgreen est une initiative de l'Élysée pour apporter une pierre concrète au Plan solaire méditerranéen. Lequel constitue un des projets phares de l'Union pour la Méditerranée (UPM), chère à Nicolas Sarkozy.Treize entreprises, dont deux espagnoles et une égyptienne, se sont ainsi engagées à créer un consortium dont EDF sera le chef de file. En attendant que des investisseurs finaux (électriciens, pouvoirs publics, organismes de financement...) décident de consacrer 1 milliard d'euros pour chaque ligne sous-marine qui reliera deux pays de la Méditerranée, Transgreen disposera d'un budget de « 2 à 3 millions d'euros » pour établir les schémas directeurs, développer les coopérations et favoriser les projets.« Transgreen est la meilleure réponse au scepticisme qui entoure l'UPM », a lancé Henri Guaino, entouré de Pierre Lellouche, le secrétaire d'État chargé des affaires européennes. « Ce projet montre que, depuis juillet 2008, les choses ont avancé, même si c'est compliqué sur le plan politique », a-t-il ajouté. Un euphémisme si on se remémore la difficile naissance de l'UPM, les pays du nord de l'Union européenne, en premier lieu l'Allemagne, insistant pour en être membre. Le conflit israélo-palestinien empoisonnant en outre, depuis l'origine, les initiatives?: Madrid a ainsi repoussé à novembre le sommet de l'UPM prévu pour juin dans l'attente d'avancées dans les négociations de paix. Déjà, la guerre dans la bande de Gaza début 2009 avait paralysé l'UPM.souveraineté énergétiqueTransgreen est pourtant, singulièrement, une initiative politique presque unilatéralement française. « C'est un projet qui cherche sa rentabilité mais qui fait avancer la coopération autour de la Méditerranée. Il n'aurait pas été envisageable sans la volonté de l'UPM », a souligné Henri Guaino. Acteurs publics ou privés de la rive sud de la Méditerranée sont encore aux abonnés absents, à l'exception d'un fonds d'Abu Dhabi. Cela paraît rédhibitoire pour un projet impliquant des pays jaloux de leur souveraineté, comme l'Algérie ou la Libye, a fortiori en matière énergétique. Et sur le versant nord de l'UPM, si l'initiative Transgreen semble complémentaire du projet allemand Desertec (voir ci-contre), son coût exorbitant de plusieurs milliards d'euros sera difficile à couvrir en ces temps de restrictions financières.

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