L'éditorial de Olivier Provost

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De la réforme des retraites à la politique fiscale, Nicolas Sarkozy avait fait jusqu'à maintenant de l'obstination sa marque de fabrique. Elle fascinait ses admirateurs, elle insupportait ses adversaires. Le déficit public est abyssal, la croissance ne suffira pas à engranger des recettes suffisantes, et pourtant, il martelait?: « Il n'y aura pas de hausse d'impôts. » Mais aujourd'hui, de niches fiscales rabotées en niches sociales ponctionnées et désormais en coups de canif au si contesté « bouclier fiscal », ce sont bien des prélèvements obligatoires en plus qui risquent de grever le pouvoir d'achat de millions de Français. Même chose pour les entreprises, menacées de baisse d'allégements de charges. Sur la réforme des retraites, alors que la mobilisation de mardi, à l'appel de syndicats en ordre de bataille, promet d'être importante, qu'elle reçoit le soutien d'une grande majorité de la population et que le ministre en charge du dossier est de plus en plus démonétisé par le scandale Bettencourt-De Maistre, le chef de l'État affirmait urbi et orbi sa volonté de mener sa réforme ainsi que son soutien au soldat Woerth. Mais ce dimanche, il a envoyé son secrétaire général de l'Élysée annoncer que le gouvernement était prêt à des concessions, que ce soit sur la pénibilité ou sur les plus de 65 ans, afin de sauver ce texte essentiel pour le quinquennat. Nicolas Sarkozy connaît le risque de rester droit dans ses bottes comme le disait de lui-même Alain Juppé lors de son projet sur les retraites en 1995... avant qu'il n'explose en vol face aux manifestations, et lui avec. Aujourd'hui, l'hyper président, pour convaincre les électeurs du bienfait de sa réforme - qui est pourtant loin de tout régler, y compris financièrement - et de son symbole phare (la nécessité de s'attaquer au tabou anachronique du départ à 60 ans), de même que pour redresser les finances publiques, quitte à écorner son credo fiscal, va sans doute devoir lâcher un peu de lest. oprovost@latribune.f

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