Le chômage américain reste un casse-tête

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Certains économistes se félicitaient, en fin de semaine dernière, à l'annonce des chiffres de l'emploi d'août : certes, le secteur privé n'a créé que 67.000 postes, tandis que l'économie en général en a détruit 54.000 et le taux de chômage a grimpé à 9,6 %. Mais les révisions, sur les trois derniers mois, faisaient apparaître des créations plus fortes dans le privé qu'initialement annoncé. De quoi, pour certains, estimer que le pire - autrement dit, une double récession - a été évité. La croissance n'en reste pas moins anémique, à 1,6 % au deuxième trimestre. Et elle pourrait le rester, d'autant plus que, sur les 67.000 postes créés le mois dernier, la majorité, y compris des emplois temporaires, est le fait de la santé et des services alimentaires.Or si les secteurs les plus actifs en matière de créations d'emplois sont précisément ceux-ci, auxquels il faut ajouter des postes de secrétariat et d'assistance médicale, ce sont aussi ceux qui paient le moins. De fait, selon une étude de l'Economic Policy Institute, un « think tank » de Washington, alors que le salaire minimum fédéral se situe actuellement à 7,25 dollars (5,65 euros) de l'heure, ces nouveaux postes n'offrent que 8,28 dollars en moyenne pour la préparation alimentaire, 9,85 pour les services de santé, 10,08 pour le secrétariat et enfin, 13,77 pour l'assistance médicale - tandis que le salaire médian général se situe, lui, à 15,95 dollars (12,43 euros)... Sur fond de mondialisation, l'accroissement des emplois de « mauvaise qualité » n'est pas nouveau. Reste qu'il n'est pas de nature à soutenir la consommation à l'avenir. allégements fiscauxA moins que l'administration Obama n'intervienne. Dans la foulée de la publication des chiffres de l'emploi, le président a déclaré qu'il dévoilerait, mercredi, lors d'un discours sur l'économie à Cleveland - une ville particulièrement touchée par la désindustrialisation, le chômage et les saisies immobilières -, un large éventail d'idées visant à dynamiser l'emploi et l'économie en général. Selon le « New York Times », l'enveloppe totale pour ces nouvelles mesures devrait atteindre 100 milliards de dollars. Sous diverses formes : cela va d'une augmentation et d'une pérennisation du crédit d'impôt recherche (le crédit passerait de 14 % à 17 % pour un mécanisme qui, depuis les années 1980, est renouvelé périodiquement), à une extension aux classes moyennes uniquement, des réductions temporaires d'impôts adoptées sous George W. Bush, en passant par des transferts aux états, pour inciter les banques locales à prêter. Cette injection d'argent frais - si elle a lieu - ne serait en aucun cas comparable aux 787 milliards de dollars du plan de relance adopté en février 2009, mais le président Obama y tient. à plusieurs reprises déjà, il a enjoint les parlementaires à agir pour sortir l'économie de l'ornière. Reste à savoir si les élus républicains vont accepter. A l'aube des élections législatives du 2 novembre, leur slogan : « Où sont les emplois ? » fait mouche. Alors, pourquoi s'en priver ...

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