La monnaie sur des routes enneigées

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Les manuels d'économie vont devoir être révisés. On croyait que le retour de la croissance amènerait les banques centrales à pomper vigoureusement les liquidités dont elles ont inondé le marché. On pariait que la flambée récente des prix du pétrole et de certaines matières premières les rendrait particulièrement vigilantes, prêtes à dégainer l'arme des taux. Eh bien, non ! La croissance a beau être revenue au troisième trimestre aux États-Unis comme dans la zone euro et le pétrole avoir dépassé les 80 dollars le baril, rien n'y fait : convaincus que seul l'argent public a regonflé l'activité, nos grands argentiers doutent encore de la capacité des entreprises comme des ménages à prendre le relais. Ni la Réserve fédérale, ni la Banque centrale européenne, et encore moins la Banque d'Angleterre, qui a préféré proroger ses programmes de rachats d'actifs, ne sont prêtes à relever leur taux. La Fed a même promis de maintenir les siens « exceptionnellement bas » pendant une période prolongée. Bref, l'exception devant durer, on n'est pas prêt de sortir de l'époque de l'argent pas cher : encore un an au moins ! Les Bourses ont poussé un tel ouf de soulagement hier que l'on se demande si l'on n'est pas condamné à la planche à billets planétaire. Il y a pourtant du nouveau, si l'on ose dire dans cet univers impressionniste fait de déclarations sibyllines et de sourires énigmatiques : d'abord, la Fed a précisé à quelles conditions elle sortira de son « Zirp », sa politique de taux zéro. Ensuite, la BCE a laissé entrevoir que ses prêts illimités, à un an, aux banques ne seront sans doute pas reconduits, ce qui lui permettra de reprendre la main sur la liquidité. Si l'on se garde bien de rétrograder brusquement pour éviter tout dérapage sur une route de montagne enneigée, on commence tout juste à préparer le terrain de la sortie de crise. vsegond@latribune.fr Valérie SEGONd

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