Le grand emprunt fait des vagues dans la communauté universitaire

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Quasiment un an après l'annonce des investissements d'avenir par le chef de l'Etat, et alors que les appels à projets sont en cours de clôture, le malaise monte. D'un côté, il y a les nombreuses universités et laboratoires qui postulent, espérant décrocher un sésame ; de l'autre, ceux qui craignent d'être laissés sur le bord du chemin. Il faut dire que la carotte est appétissante : 22 milliards d'euros au sens large pour l'enseignement supérieur et la recherche, dont 7,7 milliards rien que pour quelques initiatives d'excellence, ces futurs grands pôles à même de figurer en bonne place sur l'échiquier universitaire mondial. Les appels à projets ont, eux, été lancés au pas de charge, dès juin 2010. En septembre, le commissariat général à l'Investissement se félicitait d'avoir « 5 mois d'avance sur le calendrier initial », malgré la complexité du dispositif (lire « La Tribune » du 15 septembre 2010). Mais cette complexité aura finalement eu quelque peu raison de l'avance prise, puisque la date de clôture de certains appels à projets (initiatives et laboratoires d'excellence, sociétés de valorisation...) a été repoussée, certains porteurs de projets jugeant les cahiers des charges mal conçus.Surtout, les détracteurs du grand emprunt critiquent le fait qu'une partie de la manne consistera en fait en dotations non consommables, dont seuls les intérêts arriveront dans les caisses des bénéficiaires. Ils craignent aussi l'instauration d'un système à deux vitesses : d'un côté, des pôles d'excellence bénéficiant de rallonges budgétaires ; de l'autre, des établissements modestes condamnés à être hors jeu. « Résistance »De fait, seront favorisés les mieux notés par l'Agence d'évaluation (Aeres). Le sentiment d'inéquité est tel qu'une intersyndicale (FSU, CGT, Unsa, Sgen-CFDT, Solidaires, Unef...) vient de lancer un « appel à la résistance ». Le conseil scientifique du CNRS craint, lui, que la concentration des moyens n'aboutisse à la disparition de la notion de laboratoire. Pis, la présidente de Montpellier III, Anne Fraïsse, estimant les sciences humaines menacées, a quitté le projet de candidature aux initiatives d'excellence des trois universités de Montpellier.Des critiques jugées « indécentes » par le PDG du CNRS, Alain Fuchs, au regard des sommes engagées, et minimisées par le ministère de l'Enseignement supérieur, qui précise que 680 candidatures ont été déposées pour les cinq premiers appels à projet. Mais la nécessité de rassurer les établissements non élus semble s'imposer : une mission sur des pôles de « proximité » serait en cours. Clarisse Jay

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