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Parti socialiste : cherchez le programme !

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Publié le 05 décembre 2010 à 22:24 - Mis à jour le 05 décembre 2010 à 22:24

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Ce qui peut faire perdre le PS en 2012, c'est la division », soulignait récemment Ségolène Royal, après l'annonce surprise de sa candidature, dont la vocation première était sans doute de rassembler les dirigeants socialistes. La présidente de Poitou-Charentes passait soigneusement sous silence un autre handicap du PS, sa difficulté à proposer aux Français un programme crédible et convaincant. Ce n'est pas pour rien que les humoristes ont pu manier facilement l'ironie à propos du cambriolage de son appartement, dans lequel, disaient-ils, les voleurs auraient été bien en peine de trouver un quelconque programme.Qu'est-ce qu'un projet socialiste en 2010 ? « Être socialiste, c'est avoir une conception de l'individu qui privilégie sa réussite, la priorité c'est faire en sorte que la génération qui vient ait un progrès par rapport à notre génération », déclarait récemment François Hollande, évitant, c'est le moins que l'on puisse dire, toute surenchère à gauche. Cette prudence extrême, frôlant la perte de substance, contraste avec le texte sur « l'égalité réelle » qui devrait être adopté ce lundi par les militants, à l'initiative de Benoît Hamon, avec le soutien de Martine Aubry. Un texte multipliant les promesses sociales, non hiérarchisées et non financées, comme l'ont souligné les « réalistes » du PS, tels, justement, François Hollande ou Manuel Valls. Entre ces derniers et les partisans d'une orientation à gauche, le fossé s'est à nouveau creusé.Ce texte est moins daté années 1970 que ne le disent ses adversaires, contenant des évolutions notables, telle la volonté de lutter contre les inégalités en les attaquant à la racine (via la réforme de l'éducation, notamment), comme le professe de longue date Dominique Strauss-Kahn. Il n'en reste pas moins que le Parti socialiste est aujourd'hui en panne de doctrine, de programme et de crédibilité. Dans leur majorité, les Français ont rejeté la réforme des retraites votée à l'initiative de Nicolas Sarkozy, perçue souvent comme injuste. Le PS avait donc, devant lui, un boulevard sur ce sujet. Et... non. Les électeurs ne croient pas à l'avalanche de prélèvements sociaux avancée comme solution au financement des retraites par Martine Aubry. En fait, comme le souligne le politologue Stéphane Rozès, ils penchent à gauche, sont en demande de justice, mais sont aussi convaincus de la nécessité de réformes, souvent difficiles. Des réformes que le PS ne veut ni formuler ni proposer.Plus fondamentalement, à l'instar de toute la social-démocratie, il n'a pas de réponse crédible aux questions soulevées par la mondialisation. Être social-démocrate, c'était, autrefois, au XXe siècle, proposer de redistribuer massivement la richesse créée. Le problème, aujourd'hui, est de créer cette richesse, et de résoudre des crises systémiques nées de la globalisation. S'agissant de la crise financière, de la question écologique ou des problèmes sanitaires, les solutions nationales ne sont évidemment plus opérantes. La question sociale, évidemment centrale pour la gauche, devrait, elle aussi, être traitée au niveau international. Or, à ce jour, le PS ne parvient pas à penser l'action politique hors de l'intervention de l'État dans un cadre national. D'où la difficulté à seulement définir ce que peut être le socialisme aujourd'hui, alors qu'éclatent les frontières.Les socialistes peuvent, à bon droit, souligner que la droite ne dispose pas plus d'un corps de doctrine susceptible de faire face aux crises actuelles. L'idée a vécu que le libéralisme est en capacité de résoudre les problèmes, que les marchés s'autorégulent. Pour autant, le PS peut-il simplement parier sur la faiblesse de l'adversaire, en estimant, comme le faisait en 2001 un hiérarque de la rue de Solferino, qu'« un programme, on trouve toujours » ?Certes, le Parti socialiste sort petit à petit du vide intellectuel dans lequel il s'était plongé au milieu des années 2000. Des économistes, tels Philippe Askénazy ou Thomas Piketty, des philosophes - on songe à Marcel Gauchet -, contribuent à sa réflexion. Le « think tank » Terra Nova fait travailler plusieurs centaines de hauts fonctionnaires sur des propositions opérationnelles de politique publique, qui sont effectivement étudiées par la rue de Solferino. Il peut être encore temps, pour lui, de sortir du vide programmatique.Mais il lui faudra convaincre de sa capacité à proposer des réformes justes. Et crédibles. La réussite de cette dernière bataille dépendra aussi, bien sûr, du candidat. Les Français font crédit à Dominique Strauss-Kahn d'une réelle compétence économique, qu'il peut mettre au service d'un projet. S'il en a envie...Par Ivan Best, Éditorialiste

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