« Un Trésor européen » pour émettre des emprunts

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En six mois, les mots ont quelque peu changé mais l'intention reste la même. En juin, au coeur de la crise de la dette dans la zone euro, le président français avait confié aux députés Constance Le Grip (élue au Parlement européen) et Henri Plagnol (élu du Val-de-Marne) le soin de rédiger un rapport pour associer les parlements nationaux « à la mise en place du gouvernement économique européen ». Un tel éxécutif économique est, chez de nombreux partenaires européens, un véritable chiffon rouge, synonyme de volonté de mainmise française sur les choix économiques de l'Union européenne. Si, ce rapport Le Grip-Plagnol remis jeudi à Nicolas Sarkozy n'évoque plus « qu'un chemin pour un pilotage économique européen [...]un renforcement de la gouvernance économique en Europe », sous ces formules édulcorées se cachent une quinzaine de propositions, dont certaines sont assez audacieuses, surtout si l'on pense que le président français veut les transmettre au président de l'UE, Herman van Rompuy.Gestion communeConstance Le Grip et Henri Plagnol proposent de « s'attaquer » au problème de « l'insuffisance des ressources propres et des investissements dans les technologies clé pour la compétitivité », pour « le développement de la capacité d'emprunt de l'Union » et surtout de « créer un Trésor européen chargé de gérer en commun les dettes souveraines des Etats de la zone euro ». Ils remettent donc en piste l'idée « d'euro-obligations », pourtant écartée au mois de décembre tant par Paris que par Berlin : « dans un premier temps, les émissions du Trésor européen seraient réservées aux Etats vertueux ou limitées au montant de la dette autorisée par les engagements du Pacte de stabilité », proposent-ils. Soulignant l'importance « du moteur franco-allemand », les deux élus prônent « la définition d'un calendrier pour une convergence fiscale et sociale à l'horizon 2020 » entre les deux pays. Ils veulent aussi « relancer la coopération industrielle et technologique entre l'Allemagne et la France [...] via un programme d'investissement commun défini par une loi-cadre et financé par un emprunt conjoint des deux pays ». A terme, avec d'autres pays acceptant les mêmes contraintes (Autriche, Benelux, Pays-Bas, Italie), cette «avant-garde» entraînerait l'UE vers «une véritable fédération économique»... Laurent Chemineau et Frank Paul Webe

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