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Alerte alerte, les Chinois reviennent sur le marché du charbon ! Pour le combustible le plus utilisé au monde dans la génération d'électricité, la nouvelle a eu un énorme impact. Les cours de la tonne au départ de Richards Bay en Afrique du Sud grimpaient de 5 % à 88,85 dollars la tonne, mercredi, affichant un rebond de 28 % sur un mois. Pour les livraisons dans un an, le combustible a franchi en ce début d'année la barre des 100 dollars la tonne. Il s'agit du cours le plus haut jamais constaté depuis novembre 2008.Premier producteur de charbon au monde, mais aussi premier consommateur, la Chine avait interrompu ses importations de charbon à la mi-2008. Mais l'activité économique reprenant, les stocks de charbon ont fondu. Et surtout, une négociation interminable s'est engagée entre producteurs d'électricité et groupes miniers sur le prix du charbon 2010, au point que la distribution de charbon se soit grippée : bon nombre de centrales thermiques ont d'ailleurs été contraintes de fermer ce mercredi, faute de combustible. Les « utilities » se sont donc intéressés directement au marché international ces dernières semaines.L'empire du Milieu n'est revenu sur le marché que sur la fin de l'année, déroutant les vraquiers de leur itinéraire traditionnel entre l'Afrique du Sud et l'Europe. Selon Raymond Charva, directeur général du port de Richards Bay, premier port charbonnier au monde, 2 % des cargaisons du pays se sont orientées vers la Chine en 2009, contre 0,08 % en 2008. Au total, l'Asie, qui a plus intérêt à acheter du charbon en Indonésie et en Australie, aura absorbé 41 % des 61 millions de tonnes de charbon passées par Richards Bay en 2009, contre 46 % pour l'Europe.le gaz s'effondreUne redistribution des cartes qui s'explique aussi par la contrainte carbone des « utilities » européens. Pour un kilowattheure produit, l'électricien émettra 1 kg de CO2 s'il utilise du charbon, mais seulement 430 grammes s'il a recours au gaz. Or les cours du gaz naturel se sont effondrés de 36 % en 2009, alors que le charbon grimpait de 10 %. Les électriciens européens, ainsi que les industriels s'ils en ont la possibilité, arbitrent donc en faveur du gaz, aux dépens du charbon. Une hypothèse que les producteurs d'électricité chinois et indiens ne peuvent envisager, puisque l'essentiel de leurs centrales thermiques fonctionne exclusivement au charbon, et qu'ils n'ont aucune contrainte carbone.

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