Jazz

Chez les Manouches, c'est une coutume de donner un surnom à tout nouveau-né. Celui qui fut attribué par sa mère à Jean-Baptiste Reinhardt le 23 janvier 1910 était rare « Django » ou « je réveille ». Il était prémonitoire. « Dès son plus jeune âge, il se distinguait par une beauté et une noblesse naturelle qui lui valurent de la part des siens le respect et la vénération », témoignait son ami et biographe, Charles Delaunay (« Django, mon frère ». Éd. Losfeld).Cent ans après, l'influence et l'aura de Django restent intactes. Il n'est pas seulement un guitariste virtuose dans le style manouche qui tient son originalité du mariage des influences tsiganes et du musette français. Star numéro un du jazz français durant deux décennies, disparu à 43 ans, Django Reinhardt laisse aussi une centaine de compositions et quelques « tubes » éternels dont « Nuages », symbole de cette France occupée qui rêvait de liberté, ou encore « Minor Swing » ou « Manoir de mes rêves ».La main meurtrie« Django ouvre son c?ur, se remet toujours en question. Il est intemporel, comme Armstrong, Parker ou Coltrane », commente l'un des héritiers de la tradition manouche, le guitariste Elios Ferré qui anime « Django 100 », l'un des principaux hommages au génial gitan. À la veille de signer un contrat avec un producteur anglais, à l'automne 1928, Django est victime d'un incendie dans la roulotte familiale. Il refuse l'amputation de sa main gauche et mettra trois ans à se rééduquer. Handicapé, privé réellement de deux doigts, Django, note le guitariste Romane, « trouve des solutions auxquelles aucun autre guitariste n'aurait song頻.D'une force de caractère rare, Django porte la guitare manouche à son zénith, avec cette invitation permanente auvoyage et ce goût permanent de la liberté. Une indépendance qui le conduira à évoluer au-delà des chemins traditionnels de la musique manouche. Ce sera la rencontre avec le violoniste Stéphane Grappelli qui donnera naissance en 1934 au quintette à cordes du Hot Club de France. Ou encore les différentes versions des grands airs de musique classique, de Bach (« Concerto en ré mineur ») à Debussy (« Rêverie »).Fantasque, imprévisible, Django Reinhardt conservera jusqu'à son dernier souffle ? le 16 mai 1953 à Fontainebleau ? cette indépendance. Il passe de plus en plus de temps à peindre (une de ses toiles figure en couverture de l'album « Djangologie » chez Dreyfus Jazz) à pêcher et à jouer au billard.C'est bien cette liberté créatrice qui inspire aujourd'hui les héritiers ? nombreux ? de Django. Un sentiment que résume Romane : « C'est peut-être le premier musicien fusion qui rassemble le jazz, la chanson française, la valse musette, la musique de chambre. Mais, c'est avant tout un jazzman. »

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