Le camp des faucons se renforce au conseil de la Réserve fédérale

La Réserve fédérale américaine a, elle aussi, sa présidence tournante. Tous les ans à pareille époque, le FOMC (le Comité fédéral de l'open market) se renouvelle partiellement. Le bras séculier de la Fed est composé des membres du Conseil des gouverneurs, du président et de quatre représentants des douze banques de Réserve régionales des districts sous supervision de la banque centrale. Quatre de leurs présidents deviennent tour à tour membres votants du FOMC, en remplacement de quatre de leurs homologues, aux côtés des huit membres permanents du conseil et qui sont, tous ensemble, responsables des décisions de politique monétaire prises lors des huit conseils annuels de la Fed. Or, cette année, trois des nouveaux entrants sur quatre sont considérés comme des « faucons », les partisans d'une ligne dure contre l'inflation, alors que sur les présidents tournants de l'an dernier seul Thomas Hoenig, qui dirige la Fed de Kansas City jouait ce rôle, émettant le seul vote dissident du conseil. Exit donc Thomas Hoenig. Et retour de Charles Evans, président de la Fed de Chicago, de Charles Plosser à la tête de celle de Philadelphie et de Richard Fisher, de celle de Dallas. Un nouvel arrivant, à la tête de la banque de Réserve de Minneapolis depuis octobre 2009, fait son entrée dans le FOMC : il s'agit de Narayana Kocherlakota. Ce dernier invité à la table du conseil a, à plusieurs reprises, mis en cause l'efficacité de la politique de taux voisins de zéro pour répondre à la crise, mais il s'est récemment rallié au QE2, la politique d'assouplissement monétaire quantitatif bis mise en place début novembre, avec à la clé un programme d'achat de 600 milliards de dollars de titres de la dette publique supplémentaire. Reste à savoir s'il endossera durablement cette position si la reprise de l'économie américaine confirme son élan retrouvé. Tâche plus compliquéeSeule future colombe du conseil, Charles Evans s'est toujours déclaré partisan d'une action énergique contre les risques de déflation et ce n'est pas lui qui remettra en cause le programme de QE2 cher au président Ben Bernanke. Reste les deux trouble-fêtes potentiels d'un conseil que l'on dit profondément divisé mais qui a jusque là pris ses décisions à l'unanimité moins une voix. Richard Fisher est le plus virulent des deux. Lors de sa dernière participation au FOMC en 2008, il avait émis une voix dissidente lors de cinq des huit conseils, s'opposant la plupart du temps aux baisses de taux décidées par la Fed. Son collègue Charles Plosser, moins virulent, n'en a pas moins voté deux fois contre les assouplissements monétaires décidés la même année.La tâche sera donc un peu plus compliquée cette année pour Ben Bernanke, le président de la Fed, qui tient son premier conseil de 2011 les 25 et 26 janvier.

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