D'Australie, Keolis regarde avec appétit le marché asiatique

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Quatorze mois après avoir remporté à Melbourne le contrat d'opération du plus grand réseau de tramway au monde, Keolis s'apprête à passer la vitesse supérieure. Le groupe a déjà montré sa différence, raflant au passage le prix de la meilleure entreprise de transports publics du pays. Il veut maintenant démontrer son savoir-faire, en modernisant un réseau qui depuis plus de cent ans « s'inscrit dans l'histoire de la ville », explique le directeur général de Yarra Trams (filiale locale de Keolis), Michel Masson. L'enjeu est à la taille de cette toile de 500 kilomètres de voies empruntée l'an passé par 176 millions de passagers et qui génère chaque année trois cents millions d'euros de chiffre d'affaires pour l'opérateur. Keolis dispose de huit ans plus sept optionnels pour imposer sa griffe et répondre aux impératifs de transports d'une ville qui devrait passer de 4 à 5 millions d'habitants dans les dix ans.En débarquant en Australie en 2009, la filiale de la SNCF étend sa stratégie de développement à l'étranger démarrée depuis quatre ans. « La France a permis l'Europe, qui a permis ensuite l'Australie et les États-Unis », déclare le président de Keolis, Michel Bleitrach. En 2009, la compagnie a réalisé 40 % de ses 3,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires à l'international. « Et nous visons la parité dans les toutes prochaines années », annonce le directeur général à l'international, Patrick Jeantet.un marché Très urbaniséMalgré les déconvenues récentes d'Alger et dans l'état américain du Maryland, Keolis a conforté en 2010 ses positions en Suède, en Allemagne et aux Pays-Bas, avant de porter aujourd'hui son attention vers le Royaume Uni et les 800 millions d'euros de l'appel d'offres de la ligne ferroviaire West Coast, ainsi que sur l'Australie. « Le marché reste limité mais très urbanisé. Il a donc des besoins énormes de transports publics », estime Michel Masson. Keolis est notamment en lice pour la réalisation du premier tronçon de treize kilomètres du futur train léger de la Gold Coast, près de Brisbane, pour un peu plus de 500 millions d'euros.L'Australie qui pèse déjà 15 % des recettes internationales du groupe représente également une base opérationnelle de choix vers les marchés asiatiques. Déjà associé à Melbourne MTR, retenu également en 2009 pour gérer le réseau de train de banlieues, Keolis espère bien renforcer ses liens avec l'opérateur honkongais pour découvrir d'autres horizons. « Nous nous connaissons très bien et nous pourrions tout à fait envisager de travailler ensemble sur certains projets d'Asie du Sud-est », confirme Michel Bleitrach. En Chine, où il dispose depuis deux ans d'un bureau de représentation à Pékin, l'opérateur a établi lui-même les premiers contacts. « Notre expertise sur les trains régionaux à grande vitesse intéresse beaucoup les Chinois », précise Patrick Jeantet, dont les équipes planchent déjà sur plusieurs projets de ce type qui pourraient voir le jour « d'ici à trois ans ».

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