Vive le jeu, au nom du peuple

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C'est fou ce que les recettes fiscales influent sur la morale. Les paris sportifs et le poker en ligne ont obtenu mardi à l'Assemblée nationale leur passeport pour être officiellement lancés avant la grande fête du football que sera la Coupe du monde. Mieux, le législateur, bien moins éloigné des réalités économiques des entreprises qu'on le dit, était manifestement attaché à ne pas risquer de faire perdre aux opérateurs de jeux cette campagne de promotion gratuite offerte par le ballon rond dans deux mois. Le principe de réalité qui a commandé ici est parfaitement recevable : mieux vaut légaliser cette activité parce que cela permettra de mieux la contrôler... et de la taxer. Car à l'heure d'Internet, de très nombreux Français n'ont pas attendu la loi pour miser leurs économies sur des sites plus ou moins exotiques. Éric Woerth et son successeur au ministère du Budget, François Baroin, ont eu raison de marteler cet argument. Mais la représentation nationale n'aura pas permis de faire vivre le véritable débat de société que ce sujet aurait mérité. Cela a même été frustrant, entre une majorité muselée pour respecter à tout prix le calendrier de la Coupe du monde, et une opposition incapable de s'extirper de l'obstruction et de l'accusation éculée sur « les copains du président qui vont en profiter ». Résultat, les acteurs de l'industrie du jeu qui vont obtenir leur licence dans les prochaines semaines vont pouvoir se disputer ce nouveau marché qui s'ouvre à eux. Les médias devraient profiter des retombées publicitaires de cette bataille et Bercy des retombées fiscales. Et le bénéfice pour les Français ? On verra plus tard. jbjacquin@latribune.frpar Jean-Baptiste Jacqu

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