Retraites : les sociétés du CAC 40 doivent provisionner davantage
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À l'heure où le débat sur les retraites bat son plein, leur financement par les grandes entreprises revient sur le devant de l'actualité. Selon les chiffres publiés jeudi par le cabinet Hewitt, il manquerait aujourd'hui 7 milliards d'euros de provisions aux société du CAC 40 pour couvrir la totalité de leurs engagements en matière de retraite.Dans l'absolu bien sûr. Car les plus grandes capitalisations boursières françaises ont, selon la norme comptable internationale IAS 19 en vigueur, le choix de ne pas comptabiliser la totalité des engagements à leur bilan. C'est l'option dite « corridor ». « Quasi la moitié des sociétés du CAC 40 encore cette option. Les engagements reposent sur des hypothèses à très long terme. Des écarts dits ?actuariels? sont observés annuellement entre l'évolution supposée et la réalité, qui entrainent le changement de certaines hypothèses. Les écarts étant supposés s'annuler dans le temps, la volatilité induite dans le bilan ne leur semble pas nécessaire », explique Emmanuel Poisson, responsable des services actuariels chez Hewitt Associates. Carrefour, Michelin, Danone, EDF, France Télécome;lécom, Total, mais également toutes les grandes banques de l'indice ont, parmi d'autres, choisi l'option « corridor ». masse salarialeUn choix justifiable, surtout par les temps qui courent. Car le taux d'actualisation des provisions est calqué sur les taux de marché des entreprises de haute qualtité (notées AA) sur la zone monétaire concernée. Or l'an dernier, les taux ont fluctué. Sur l'eurozone par exemple, les taux long terme servant de référence ont baissé, ce qui devrait augmenter les engagements des entreprises. Mais cela ne dépend pas que de cela. « Plus conjoncturellement, il faut aussi prendre en compte qu'avec la crise, on peut s'attendre à ce que la masse salariale des entreprises ait été réduite de façon plus ou moins significative, ce qui aurait pour effet, d'aboutir à une baisse des engagements sur 2009 », explique Jérôme Lamarque, consultant au sein du service retraites internationale chez Mercer. « Il ne faut pas oublier non plus que les provisions dépendent aussi de la valeur des actifs financiers qui couvrent ces engagements. Si les actifs de couverture s'étaient détériorés en 2008 avec la chute des marchés, on peut déjà avancer qu'ils se sont revalorisés avec le rebond boursier en 2009 », ajoute ce dernier. Reste que les entreprises concernées n'auront bientôt plus le choix du « corridor ». Car selon les propositions de modification du traitement comptable des engagements de retraite de l'IAS Board, cette option ne sera plus possible à compter de 2012 ou 2013. «Je ne serai pas surpris que d'ici la fin de l'année plusieurs entreprises du CAC 40 aient abandonné cette option», présage Emmanuel Poisson. nphoto
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