Cannes a de la suite dans les idées

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Almodovar, Tarantino, Audiard, Ang Lee, Haneke... En 2009, le Festival de Cannes avait réuni les plus grands noms du 7e art. Difficile de faire mieux?? Pas si sûr. Les 18 réalisateurs invités cette année n'ont rien à envier à leurs prédécesseurs. Si trois seulement n'ont pas encore foulé le tapis rouge du Festival, beaucoup ont déjà été récompensés. Tel Mike Leigh, palme d'or pour « Secrets et mensonges » en 1996. Il revient avec « Another Year » ou l'histoire d'un couple de quinquas autour duquel gravitent des gens en perdition. Cette année signe aussi le retour de Daniele Luchetti dont « La Nostra Vita » déroule les aventures d'un ouvrier dans l'Italie d'aujourd'hui.Alors bien sûr, on pourrait se dire que ce sont toujours les mêmes qui se retrouvent à l'affiche. Sauf que cette édition ne manque pas de surprises. Le Tchad (« Un homme qui crie » de Mahamat-Saleh Haroun) et l'Ukraine (« Mon bonheur » de Sergei Loznitsa) sont pour la première fois invités à concourir. Autre petit nouveau, Doug Liman (« Mr & Mrs Smith ») qui a enrôlé Sean Penn dans « Fair Game » pour jouer ce diplomate américain dont l'épouse - agent de la CIA - avait été « outée » après qu'il a démonté les arguments justifiant la guerre contre l'Irak.Les réalisateurs déjà connus ne sont pas non plus en reste de surprises. Pour « Biutiful », avec Javier Bardem, Alejandro Gonzalez Inarritu (prix de la mise en scène en 2006 avec « Babel ») s'est séparé de Guillermo Arriaga avec lequel il avait écrit tous ses scénarios précédents. Abbas Kiarostami (palme d'or 1997 pour « le Goût de la cerise »), entouré de Juliette Binoche pour « Copie conforme », tourne pour la première fois hors d'Iran. Les Français Mathieu Amalric et Xavier Beauvois ont opté pour des sujets étonnants. Avec « Tournée », le premier s'immisce dans le monde des strip-teaseuses américaines. Le second s'est intéressé aux moines trappistes assassinés en Algérie en 1996 dans « Des hommes et des dieux ». Tout aussi inattendue, la flopée de suites annoncées. « Wall Street 2 » (hors compétition) vaut à Oliver Stone sa première invitation sur la Croisette. Rachid Bouchareb poursuit l'aventure d'« Indigènes » en rappelant tous ses comédiens pour un « Hors-la-loi » polémique sur la guerre d'Algérie. Enfin, Nikita Mikhalkov nous offre un « Soleil trompeur 2 » où il est question de goulag et de Seconde Guerre mondiale. Grand spectacle en perspective.Car il y en a vraiment pour tous les goûts à Cannes cette année?: film épique avec le « Robin des bois » de Ridley Scott, en ouverture. Comédie romantique avec « You will meet a tall dark stranger » de Woody Allen (hors compétition). Le Coréen Lee Chang-Dong devrait remporter la palme du mélo avec « Poetry », l'histoire d'une grand-mère femme de ménage le jour, poétesse la nuit. Bertrand Tavernier signe un film historique en costume avec « la Princesse de Montpensier » où Mélanie Thierry joue les bourreaux des coeurs d'aristocrates. « Outrage » permet à Takeshi Kitano de renouer avec les films de Yakuza. Enfin, on a même pensé aux fans de séries télé puisque Olivier Assayas est invité à présenter « Carlos », un portrait du terroriste vénézuélien tourné en 35 mm pour Canal Plus. Reste maintenant à savoir quelle sera l'ambiance du Festival. « À quelques jours de l'ouverture, on sent une grande nervosité chez ceux qui n'ont pas été retenus, souffle Gilles Jacob. Ils insistent jusqu'au dernier moment pour qu'on prenne leur film. Avec la crise, tout est très dur. »

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