Les principales critiques émises sur l'ISR souverain

Les investisseurs institutionnels critiquent la faible diversité de l'offre. Celle-ci se compose d'une quinzaine de fonds ouverts obligataires (investis au moins pour moitié en obligations d'État) mais d'aucun fonds pur. D'après Novethic, ces fonds ISR mixtes (crédit et souverain) représentent, en France, 820 millions d'euros d'encours à fin 2009 (auxquels s'ajoutent 10,3 milliards en gestion dédiée), contre 51 milliards d'euros d'actifs ISR sous gestion.De plus, le marché des obligations souveraines ISR reste très concentré puisque six pays (Etats-Unis, Japon, Italie, Allemagne, France et Royaume-Uni) représentent les trois quarts des émissions. Sa faible diversification géographique est aussi liée au fait que les agences de notation ne couvrent pas encore les pays émergents.Mais les critiques les plus récurrentes portent sur le principe même de l'élaboration d'une notation extra-financière pour un État. Celle-ci revêt une dimension politique qui met souvent mal à l'aise : doit-on se priver des obligations émises par l'État américain sous prétexte que la peine de mort est encore appliquée dans ce pays ? Les sociétés de gestion, qui ne se sentent pas légitimes pour noter un État d'un point de vue extra-financier, répondent à cette question de manière détournée. Elles sélectionnent tous les pays émetteurs ayant une « structure démocratique ». Cette définition très limitée de l'ISR souverain semble problématique car les institutionnels français ont l'habitude d'investir essentiellement dans les obligations émises par des pays de la zone euro, qui ont tous une structure démocratique. « Certains estiment que l'application des critères ESG a peu d'intérêt pour la sélection de leurs titres, regrette Dominique Blanc, responsable du centre de recherche ISR de Novethic. En réalité, elle doit leur permettre de pondérer plus ou moins certains pays émetteurs car il existe de vraies différences ESG entre les pays de la zone euro, et certaines peuvent peser sur leur dette à long terme ». L. G.

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