La débandade des indices crée des opportunités d'achats

Partout sur le Vieux Continent, le boulet de la dette des Etats plombe le moral des opérateurs. Les indices flanchent et les experts se demandent si l'on peut encore tomber plus bas. L'Euro Stoxx 50 cède désormais plus de 13 % depuis début de l'année. A Paris, le CAC 40 a abandonné près de 12 % au cours de la même période. Ces lourdes prises de bénéfices entraînent les valorisations à la casse. Selon la base de données de Factset, près d'un tiers des vedettes du CAC 40 valent moins que le montant de leurs fonds propres. Elles sont treize au total. C'est cinq de plus qu'à fin décembre. Parmi les titres nouvellement bradés on retrouve STMicroelectronics, dont le « price to book », exprimant le rapport entre le cours de Bourse et l'actif net par action, s'élève à 0,9 contre 1,1 précédemment. A cela viennent se greffer Vivendi qui affiche un ratio de 0,9, mais aussi Lafarge (0,9), BNP Paribas (0,8) et ArcelorMittal (0,7). Et cela alors que le « price to book » du CAC 40 est passé de 1,4 à 1,2 en l'espace de six mois. Dès lors, on est tenté de se dire que le marché regorge d'opportunités d'achats ou que, plus généralement, les indices commencent sérieusement à devenir bon marché. «Les rapports cours/bénéfices sont inférieurs à la moyenne historique et de nombreuses sociétés distribuent des dividendes supérieurs à leurs rendements obligataires » observe Ad van Tiggelen, stratégiste chez ING IM. Brouillard conjoncturelMais la réalité n'est pas aussi simple. Selon l'expert, « les marchés anticipent l'avenir et ils ne semblent guère se fier aux prévisions des analystes en ce qui concerne les bénéfices de 2011 ». Un avis partagé par Pierre Sabatier, stratégiste chez PrimeView : « les investisseurs ne croient pas en la pérennité de la croissance bénéficiaire et les taux de marges des sociétés cotées pour 2011 et 2012 ». Les faibles niveaux de valorisation actuels résulteraient donc, pour beaucoup, de réajustements face au brouillard conjoncturel. Reste que, comme le souligne Pierre Sabatier, les points d'entrée sur le compartiment des actions sont plus intéressants aujourd'hui qu'il y a six mois. Pour lui, une grande partie des mauvaises nouvelles est intégrée dans les cours. Sur longue période, l'expert a observé que dans un contexte de déflation, tant redouté par les opérateurs, les marchés ne se payaient pas plus de 10 fois les profits. Soit un niveau de multiples de bénéfices correspondant peu prou à celui de l'indice parisien aujourd'hui. Mais le fait que les marchés ne soient pas chers, ne signifie pas pour autant qu'ils seront plus avantageux demain. D'après Pierre Sabatier, le retour à un PER moyen historique compris entre 14 à 15 fois n'est pas d'actualité. Comme quoi, la notion de cherté reste toute relative. Surtout en période d'incertitudes. n

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