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La Grande-Bretagne, royaume de la flexibilité absolue

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Publié le 06 août 2013 à 21:02 - Mis à jour le 06 août 2013 à 21:02

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Le chiffre donne le tournis aux Britanniques. Dans une étude publiée lundi 5 août, le Chartered Institute of Personnel and Development (CIPD) affirme qu\'un million de personnes seraient employées via des contrats \"zéro heure\" au Royaume-Uni. Soit 3 à 4% de la masse salariale du pays. Les chiffres avancés par le CIPD, une association spécialisée dans les ressources humaines, est quatre fois plus élevé que celui calculé, en 2012, par l\'Office national des statistiques. Les \"zero hour contracts\" permettent aux employeurs de faire travailler leurs salariés à la demande, en fonction des besoins de leur entreprise. Les signataires peuvent ainsi travailler à temps plein durant une semaine et seulement quelques heures la semaine d\'après. Les employés sont censés être disponibles dès qu\'on les sollicite. En revanche, ils ne sont payés qu\'en fonction des heures effectivement réalisées. Ils peuvent donc se retrouver sans aucune ressource à la fin du mois s\'ils n\'ont pas été sollicités par leur patron.Des contrats plébiscités par les grandes entreprisesD\'après l\'étude réalisée par l\'association, 19% des entreprises emploieraient au moins une personne via ce type de contrat. Sans surprise, les secteurs les plus concernés sont l\'hôtellerie, la restauration et les loisirs, mais ils sont aussi utilisés dans l\'éducation et la santé. Les signataires sont majoritairement âgés de 18/25 ans et de plus de 55 ans. Plus l\'entreprise est grande, plus elle est susceptible de recourir à ces contrats. Un quart des sociétés dépassant 250 salariés recruteraient au moins une personne sous ce statut, contre 11% pour les autres.Selon le CIPD, les salariés en \"zéro heure\" travaillent en moyenne 19.5 heures par semaine. 38% d\'entre-eux dépassent les 30 heures et se décrivent comme \"employé à plein temps\". Parmi ceux qui affirment travailler \"à temps partiel\", 38% aimeraient effectuer des heures supplémentaires.\"Ces contrats, utilisés à bon escient, fournissent aux employeurs et aux salariés plus de flexibilité (...) Cela peut permettre aux parents de jeunes enfants (...) d\'adapter leur travail à leur vie familiale. Cependant, cela peut être un inconvénient pour ceux qui n\'ont pas assez d\'heures de travail et de revenus\", a commenté Peter Cheese, le président de la CIPD, qui regroupe des professionnels des ressources humaines, souvent soucieux de la flexibilité de leur entreprise...D\'autres pays d\'Europe concernés D\'après une étude publiée par Bruxelles en 2006, 25% de la main-d\'oeuvre européenne est employée via des contrats dits \"atypiques\" : contrats \"zéro heure\", travail intermittent, intérimaire, freelance. Selon l\'Observatoire européen des conditions de travail, aucune disposition légale n\'oblige les employeurs britanniques à fournir des heures de travail aux salariés employés sous des contrats \"zéro heure\". En Europe, la Grande-Bretagne, l\'Autriche, l\'Estonie, la République Tchèque, Malte et la Norvège sont les pays les plus friands de ce type de contrat.D\'après l\'Observatoire, ces contrats sont très plébiscités dans les commerces de détails en Grande-Bretagne. Pas étonnant donc que The Guardian ait révélé, le 28 juillet dernier, que la chaîne de magasins Sports Direct employait... 20.000 personnes via ces contrats. Un chiffre mal tombé, alors que le journal rapportait le 18 juillet dernier que la chaîne allait verser, cette année, 100 000 livres de bonus à ses employés à temps plein. \"C\'est très étrange qu\'une société distribue, d\'un côté, de tels bonus à ses employés et qu\'elle traite les autres d\'une manière totalement diffférente\", a critiqué Alison McGovern, une parlementaire du parti Travailliste qui milite pour la diminution des recours aux \"zéro heure\".Sports Direct n\'est effectivement pas le seul à en abuser en Grande-Bretagne. Le 30 juillet dernier, The Guardian a également révélé que la famille royale britannique employait, chaque été, 350 salariés en contrat \"zéro heure\" pour accueillir les visiteurs dans son palais, ouvert durant la période estivale. Buckingham demande même à ses employés de ne signer aucun contrat dans d\'autres entreprises sans son autorisation. Un porte-parole du palace a cependant déclaré que les employés étaient prévenus un mois à l\'avance de leur planning pour qu\'ils puissent organiser leur emploi du temps.La France aussi... officieusement Ces contrats ultra-précaires n\'existent officiellement pas en France. Dans l\'Hexagone, un salarié à temps partiel doit travailler au moins 24 heures par semaine. Cependant, cette durée peut être allégée pour les étudiants ou en fonction des accords signés dans certaines professions. Les intermittents du spectacle peuvent ainsi être appelés à travailler intensément durant une période avant de se retrouver au chômage pendant plusieurs mois. Ils disposent donc d\'un régime spécial, qui leur permet de toucher des indemnités chômage plus facilement que les autres salariés.Dans d\'autres secteurs comme la restauration ou le journalisme, des personnes peuvent être employées à la journée en fonction des besoins des entreprises (saison estivale, arrêt maladie...). Si à la différence des Britanniques, ces salariés n\'ont pas signé de contrat \"zéro heure\", ils doivent officieusement se tenir prêts à travailler au dernier moment au risque de se faire à force piquer la place par un concurrent plus disponible.

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