« Une hausse du prix des pâtes ne va pas modifier le pouvoir d'achat des Français »

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Xavier Riescher, directeur général de Panzani À l'heure où le syndicat français des fabricants de pâtes alimentaires tire la sonnette d'alarme sur la hausse des cours du blé, le directeur général de Panzani fait un point sur la situation en exclusivité pour «La Tribune ».Avec la flambée des cours du blé, peut-on s'attendre à une nouvelle hausse du prix des pâtes ? La production mondiale de blé dur est passée de 41 à 35 millions de tonnes alors que la consommation est de 38 millions. La seule production canadienne, qui représente les deux tiers du commerce mondial, a diminué de 40 %. Du coup, le prix a augmenté d'environ 50 % depuis l'été. Nous ne pourrons pas éviter les hausses de prix car le blé dur représente aujourd'hui 70 % du prix de revient des pâtes.Comment allez-vous faire entendre raison à la distribution ?Il n'y a tout simplement pas d'autre solution. La hausse est telle qu'il s'agit de la survie de nos entreprises, déjà très fragilisées. En trente ans, nous sommes passés de 200 à sept fabricants de pâtes en France. Et en Italie, en dehors de De Cecco, Barilla ou Agnesi, beaucoup d'usines tournent à perte. Nous rappelons aussi que le budget moyen consacré aux pâtes est de 1,30 euro par mois en France, soit le plat le moins cher toutes catégories confondues. Une hausse de prix ne va donc pas modifier le pouvoir d'achat des Français. Comment aviez-vous fait lors de la flambée des cours de 2007 ?Nous avions passé une hausse de prix de 30 % environ dès la fin de la récolte de blé en septembre. Le marché des pâtes a reculé de 1,7 % en 2008 alors qu'il progressait l'année précédente. Il y a même eu des baisses de 4 % sur quelques mois. Mais je ne suis pas sûr que cette baisse était due à la hausse des prix. Encore une fois, l'élasticité au prix est très faible sur ce produit, ce qui explique que les marques de distributeur soient restées à 30 % de part de marché entre 1995 et 2010. Par contre, en rebaissant nos prix les premiers l'année suivante, nous avons pris des parts de marché sur nos concurrents.Comment cela peut-il avoir un impact sur vos résultats ?Nos marges seront touchées, d'où les hausses de tarif. Mais notre chiffre d'affaires, de 650 millions d'euros en 2009, d vrait continuer de progresser de plus de 6 % en 2010. D'une part car nous avons augmenté nos budgets publicitaires de 20 % et amélioré leur efficacité. Les films sont plus courts, de 15 secondes au lieu de 30, et plus fréquents, si bien que nous sommes la quatrième marque d'alimentaire la plus vue depuis le début de l'année. D'autre part, parce que nous multiplions les nouveaux usages de consommation, avec notre lunch box de pâtes Lustucru pour un snack du midi ou nos gnocchi à poêler qui peuvent remplacer les pommes de terre. Est-ce que la crise a favorisé les ventes de pâtes et autres féculents ?Non, pas vraiment. Ce sont d'ailleurs les produits les plus valorisés qui se sont le plus développés. Les pâtes cuisson rapide ont progressé de 20 % chez Panzani. Nous bougeons donc les lignes par le haut du compte d'exploitation. En lançant aussi, par exemple, la première gamme de plats cuisinés halal en France sous notre marque Zakia. Nous en vendons déjà 2.000 tonnes au bout d'un an. Propos recueillis par Sophie LécluseInfographie2col 120 mmLe budget moyen consacré aux pâtes est de 1,30 euro par mois en France, soit le plat le moins cher toutes catégories confondues.

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