Une polémique lancée à gauche, reprise à droite

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Que de polémiques, pour un résultat... décevant, pour le moins. A peine voté, au cours de l'été 2007, le bouclier fiscal a été attaqué par la gauche, dont l'objectif était de réduire aux yeux des Français la loi Tepa à ce seul dispositif. Objectif atteint, aux dires mêmes de Nicolas Sarkozy, qui, dès le début de 2008, l'admettait : « Sur la loi Tepa, nous avons perdu la bataille de la communication. »Le chef de l'Etat ne pouvait que reconnaître l'appréciation que tous les élus UMP lui faisaient remonter du terrain. Pour le Français lambda, c'est le bouclier fiscal qui, pour un coût de 15 milliards d'euros ou presque ? chiffre mis en avant par le PS ? a plombé les comptes publics. La réalité est tout autre (le coût du bouclier est inférieur à 600 millions d'euros), mais l'important en politique est évidemment la perception qu'en ont les électeurs.interrogationsD'où la montée progressive des interrogations à droite, tout au long de 2009-2010. Sans surprise, les villepinistes ont été les premiers à « s'interroger », pour employer l'euphémisme habituel. Alain Juppé a très vite embrayé, suivi du président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet. Le président de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, Pierre Méhaignerie, propose, lui, de supprimer le bouclier, mais cette disparition s'accompagnerait de celle de l'ISF. Toutes ces critiques sont émises au nom de l'équité. Le débat porte peu sur l'efficacité du bouclier, conçu pour faire revenir en France les exilés fiscaux. Là aussi, les statistiques ne sont pas favorables au gouvernement. Le nombre d'exils fiscaux a augmenté en 2008. Du côté des retours dans l'Hexagone de riches contribuables, aucun mouvement ne s'est fait sentir. Explication d'un éminent avocat fiscaliste : « Les gens jugent ce dispositif intéressant et efficace, mais ils ne croient absolument pas en son avenir. La gauche a quelques chances de revenir au gouvernement, et elle l'effacera. On ne change pas de domiciliation fiscale, avec toutes les procédures qui s'imposent, pour un ou deux ans... ». I. B.

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