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Elles nous bottent cet hiver. Les bottes en caoutchouc n'on...

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Publié le 07 novembre 2009 à 00:59 - Mis à jour le 07 novembre 2009 à 00:59

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Habillées de strass ou façon croco, en satin ou gansées d'un bracelet de brillants, les Miss Juliette griffées Aigle débarquent cette semaine à Paris, New York, Tokyo et Hong Kong. La firme française, filiale du groupe suisse Maus, ne nous avait pas habitués à autant de fantaisie. Elle qui détient depuis 1853 le secret d'un savoir-faire mis au point à Montargis par l'Américain Hiram Hutchinson dans sa manufacture « À l'Aigle » en hommage à l'emblême américain. C'est un dessin des années 1960 retrouvé dans les archives de la firme française qui signe ce grain de folie jamais édité. Ce modèle très féminin avec petit talon a donné des idées au nouveau directeur artistique de la marque Gideon Day, venu de chez Paul Smith en 2006 : « J'avais envie de montrer à quel point le savoir-faire de l'usine est pointu et m'amuser avec les codes du luxe. » Un désir que ne contredira pas son directeur général, Romain Guinier, arrivé chez Aigle en 2008 après six ans chez Louis Vuitton et nullement dépaysé. « J'y ai retrouvé le savoir-faire artisanal des ateliers. » Des séries limitées ultraglamour donc, mais tout aussi techniques. Car, que l'on ne s'y trompe pas, fabriquer une botte en caoutchouc est un travail de haute précision.Pour preuve, une visite à l'usine de Châtellerault où depuis 1967 chaque botte y est montée à la main depuis la mythique paire marine à bande blanche en passant par la kaki des chasseurs jusqu'à la célèbre Chantebelle et sa petite patte de serrage très chic. Les pièces sont assemblées manuellement, que ce soit les renforts à l'avant à bien positionner à plat sur une plaque ou les semelles à ajuster. Sans compter le tour de main pour « fermer » la jambe. « C'est un peu comme en cuisine. Les pièces sont présentées sur des plateaux et les ouvriers les prennent tour à tour pour monter la botte », souligne Étienne Sérot, le directeur de la production, qui lance chaque jour dix références en fabrication (il y en a 117 au total). Au final 3.800 paires sont produites par jour, soit 760.000 par an. « Avec trois références nous pouvons en produire 5.000 », soutient-il fièrement. Nouveaux challengesOui mais voilà, le style et le marketing n'ont eu de cesse d'inventer de nouveaux modèles et d'introduire des coloris, complexifiant le travail de l'usine. « À chaque fois un nouveau challenge », reconnaît le patron. Ne lui parlez pas des Miss Juliette qui lui ont donné du fil à retordre avec les incrustations de cristaux Swarovsky tous vérifiés à la main ou l'impression croco des plus fragiles. Il veille à ce que chaque jour la qualité du mélange des balles de caoutchouc soit identique jusqu'aux six chariots qui emportent par wagon de 24 paires les bottes finies main dans l'autoclave où elles vont être « vulcanisées » à 140 degrés pendant une heure. « Savez-vous ce que veut dire caoutchouc ? Arbre qui pleure en indien », précise Étienne Sérot, qui en pleurerait de rage dès qu'il entend parler de démoulage ! « C'est vexant, ce n'est pas du plastique. On les déforme à chaud c'est-à-dire qu'on les ôte de la forme pour que justement elles gardent leur jolie? forme ! » Les 7.600 « pieds » de la journée sont au final plongés un par un dans un bassin d'étanchéité. Au moindre petit trou, direction l'atelier de réparation. Il faut douze à dix-huit mois d'apprentissage pour savoir monter une botte. C'est dire quel regard porter désormais à la paire qui nous chausse par temps de pluie. Quant à fouler l'asphalte avec des modèles étincelants, il va falloir se précipiter. Les fameuses Miss Juliette sont en exemplaires vraiment limités : 200 pour La Nuit Étoilée constellée de cristaux Swarovsky (350 euros), et 500 pour la Bracelet ceinturée d'une patte en cristaux (295 euros). De quoi jouer les Cendrillon en pleins champs.Sophie Péters Du caoutchouc cousu m

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