OHB, le petit rival qui a terrassé le Goliath

Face au géant EADS, le groupe OHB, basé à Brême, en Allemagne, apparaît comme un nain avec ses 260 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008 et ses 1.500 collaborateurs. Mais cette victoire est aussi le symbole du succès du Mittelstand familial allemand capable de remporter des marchés internationaux à force de qualité et de fiabilité.OHB est né en 1958, mais c'est alors une société spécialisée dans les technologies hydrauliques. Dans les années 1980, Christa et Manfred Fuchs reprennent l'entreprise et décident de la lancer dans la technologie satellitaire. Dans les années 1990, les Fuchs posent les fondations de ce pari, en s'appuyant notamment sur les activités de gestion à distance des données dans le secteur du transport. 2001 marque alors un tournant. Alors qu'OHB entre en Bourse, il emporte un contrat de 320 millions d'euros de l'armée allemande pour la gestion d'un système de radars guidés par satellites. L'exécution parfaite de ce contrat, livrés dans les délais et sans supplément, a sans doute joué un rôle majeur dans la décision européenne de ce jeudi.projets à l'étudeDans les années 2000, OHB connaît une forte croissance : entre 2002 et 2008, son chiffre d'affaires est multiplié par 3,3. Il est vrai que le groupe multiplie les rachats comme celui de MT Aerospace, un équipementier aéronautique et spatial, en 2005 ou du groupe de solutions technologiques industrielles Kaiser-Threde en 2007. OHB participe à présent à plusieurs grands projets comme le laboratoire spatial Columbus ou le programme de satellites de communication Orbcomm. L'Agence spatiale européenne avait, du reste, déjà confié à OHB la fourniture des satellites géostationnaires de communication Small-Geo, dont le lancement est prévu fin 2012.Jeudi, le ministre allemand des Transports, Peter Ramsauer, a parlé d'un « grand succès pour l'industrie spatiale allemande ». Car si EADS produit des satellites en Allemagne, OHB a l'avantage de concentrer l'ensemble de sa production outre-Rhin. Chez OHB, on exclut cependant toute influence de Berlin sur la Commission européenne. « C'est notre offre, son prix attractif et notre compétence technologique qui ont été décisifs », affirme le groupe. Avec ce contrat, c'est un nouveau chapitre de l'histoire du groupe qui s'ouvre, car OHB n'a encore jamais produit de satellites de navigation.Les marchés ne s'y sont pas trompés et l'action a bondi ce jeudi de 28,04 % à Francfort. D'autant que l'entreprise affirme aujourd'hui disposer des capacités industrielles pour honorer la commande et pouvoir la financer par son flux de liquidités. « La Commission ne nous aurait jamais fait confiance dans le cas contraire », conclut son porte-parole. Romaric Godin, à Francfort

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