Bonduelle s'apprête à reprendre France Champignon au fonds Butler Capital

Christophe Bonduelle voulait profiter de la crise pour faire des acquisitions stratégiques. C'est chose faite. Le PDG du leader mondial du légume (1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires sur l'exercice 2008-2009) vient d'entamer des négociations exclusives avec le fonds Butler Capital Partners pour croquer le leader européen du champignon, France Champignon. Cette acquisition, si elle se fait, serait la plus grosse pour l'entreprise depuis le rachat du canadien Aliments Carrière en juillet 2007. « En ajoutant le champignon, qui manquait à notre portefeuille, nous renforçons notre position de pur player du légume », se félicite Christophe Château, porte-parole de Bonduelle. Le groupe de Renescure avait déjà été approché par France Champignon en 2002. Mais les discussions n'avaient pas abouti car les milliers de producteurs de la coopérative refusaient à l'époque un gigantesque plan de restructuration nécessaire pour moderniser l'entreprise.nombreuses synergiesCette restructuration a du coup été opérée par Butler Capital Partners (entré en 2004). Le fonds a investi 40 millions d'euros sur quatre ans pour fermer une quinzaine de caves et les regrouper dans trois nouvelles maisons de production flambant neuves dans les Pays de Loire, permettant une économie de 15 % sur le prix de revient du champignon. Quelque 20 millions d'euros en plus ont été consacrés à la modernisation des usines. Au passage, les collaborateurs de l'entreprise sont passés de 1.900 à 1.500 depuis 2004 et une centaine d'autres devront partir au printemps 2010. La rénovation a aussi touché le marketing avec la sortie du tout conserve à marques de distributeur en faveur des produits à marque Royal Champignon, plus sophistiqués, comme les Prêt à Poêler ou les Apéro' Champi.Du coup, l'entreprise, avec ses 212 millions d'euros de ventes et sa marge opérationnelle supérieure à 5 %, même si elle a souffert de la crise, est beaucoup plus appétissante qu'avant. Et les synergies avec Bonduelle seraient nombreuses. Sur la politique commerciale et d'achat, mais aussi en termes d'expansion internationale. « Bonduelle nous permettrait de nous développer dans le monde entier en vendant sous sa marque, bien plus connue que la nôtre », explique Alain Chamla, le directeur général de France Champignon, qui resterait à son poste. Bonduelle prévoit notamment d'ouvrir deux gigantesques usines au Brésil et en Ukraine d'ici à 2011. Les négociations sont en cours autour d'un prix de transaction encore inconnu. « Mais Walter Butler sait vendre », assure le porte-parole du fonds. L'accord devrait aboutir dans les semaines à venir. Sophie Lécluse

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