Gaulliste social à la peine

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Ministre de l'emploi de la première cohabitation« Il a été l'un des grands ministres des Affaires sociales et de l'emploi », a insisté, jeudi matin, François Fillon dans son hommage officiel. Justement, l'un des paradoxes de ce personnage complexe fut d'être à contre-emploi dans ses fonctions de ministre des Affaires sociales qu'il a assumées de 1986 à 1988.Lui, le « gaulliste social » revendiqué est en effet resté dans l'histoire pour avoir fait voter des réformes jugées « libérales ». Il est le ministre qui a supprimé la fameuse autorisation administrative de licenciement, réalisant ainsi l'une des principales promesses de la droite pour les élections de 1986. La gauche et les syndicats n'ont pas manqué de le critiquer sur ce point, d'autant que cette mesure satisfaisait une revendication du CNPF d'Yvon Gattaz. Au ministère, Philippe Séguin a également fait avancer l'annualisation du temps de travail, autre revendication du patronat. En revanche, les syndicalistes lui ont toujours reconnu une grande capacité d'écoute et de dialogue malgré ses colères homériques. Séguin traînera aussi longtemps son plan de sauvetage de la Sécurité sociale de 1987. À droite, certains y ont même vu l'une des causes de la défaite de Jacques Chirac à la présidentielle de l'année suivante. Après une campagne de communication à gros budget (la Sécu y est représentée par une baleine), Philippe Séguin dévoile son plan : prélèvement exceptionnel sur les revenus 86 et 87, augmentation des cotisations maladies, hausse du tabac, affranchissement du courrier pour la Sécu. Mais deux mesures, mal vendues, vont spécialement braquer l'opinion, en particulier les personnes âgées, et focaliser les critiques de la gauche : la hausse du forfait hospitalier et la limitation des prises en charge à 100 %. Les efforts de Séguin ont-ils été utiles ? Vingt ans plus tard, la Sécu est toujours aussi malade? Patrick Coquidé

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