Après avoir prêté à tout-va, les établissements de crédit chinois sont en quête de fonds propres

Après avoir été sommées d'injecter des montants astronomiques de crédits dans l'économie, les banques chinoises n'ont plus qu'une obsession : se refaire une santé, se ressourcer sur les marchés financiers. Jeudi, Bank of China a invité les banques d'investissement qui la conseillent à l'aider à finaliser son plan de levée de capitaux, levée dont on ne connaît d'ailleurs pas le montant. à ce propos, les estimations les plus folles circulent. Certains analystes évaluent jusqu'à 300 milliards de yuans (30 milliards d'euros environ) la somme des fonds que pourraient avoir à lever collectivement les banques chinoises, vu l'ampleur et la nature des crédits accordés l'an dernier. Selon les analystes de Royal Bank of Scotland, Bank of China aura besoin de 68,5 milliards de yuans (6,8 milliards d'euros environ) pour maintenir son ratio de solvabilité à 9?% fin 2012 ? la norme est à 8 %, mais le régulateur exige aujourd'hui des niveaux plus élevés. Selon les médias chinois, ce plan pourrait être approuvé dès mars à l'occasion de l'assemblée générale des actionnaires de la banque. D'autres banques n'ont toutefois pas attendu. China Construction Bank a d'ores et déjà levé 20 milliards de yuans via une émission obligataire en décembre. Quant à Citic Bank, elle a annoncé la semaine dernière qu'elle comptait lever 25 milliards de yuans.trop de créances douteusesCe contexte alimente l'incertitude sur le secteur depuis plusieurs mois. Notamment à la Bourse. L'action Bank of China a perdu plus de 13 % depuis son pic en novembre. ICBC a cédé 8 % et China Construction Bank 10 %. Un autre clignotant vient de s'allumer : l'introduction en Bourse d'Agricultural Bank of China (ABC), la quatrième grande du secteur encore non cotée, devrait être reportée. « Nous essaierons de finaliser l'opération pour la fin de l'année », a confirmé son vice-président cette semaine à Reuters, alors qu'elle était initialement prévue pour la fin du premier semestre. « Mais nous n'avons pas encore pris de décision quant à la date, la taille de l'opération et la méthode à suivre. » Outre l'état des marchés, le montant des créances douteuses de l'établissement figure parmi les motifs invoqués pour justifier ce report. Après avoir externalisé sa dette de quelque 80 milliards d'euros dans une société de défaisance, fin décembre 2008, la banque affichait encore un taux de créances douteuses supérieur à celui de l'ensemble des banques de 4,32 %. Marjorie Bertouille

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