Les entreprises toujours mobilisées sur les dérivés
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Comment sécuriser le marché des produits dérivés, le réguler, sans mettre en péril la situation financière des entreprises, utilisatrices de ces instruments de couverture de risque ? C'est le difficile équilibre qu'il revient à la Commission européenne de trouver au sortir de la crise financière. À une semaine de l'audition au Parlement du nouveau commissaire européen au Marché intérieur et aux services financiers, Michel Barnier, l'Association européenne des trésoriers d'entreprise (EACT) a tenu à se rappeler au bon souvenir de Bruxelles, l'informant à nouveau, dans un courrier adressé mercredi aux commissaires, qu'elle était prête à contribuer aux travaux en cours. « Nous soutenons l'idée d'introduire davantage de régulation sur ce marché pour le secteur financier. Mais Bruxelles doit trouver une exception appropriée pour les entreprises », explique Richard Raeburn, président de l'EACT.Le 20 octobre dernier, Charlie McCreevy, le prédécesseur de Michel Barnier, a dévoilé ses pistes pour un marché de produits dérivés « efficaces, sûrs et solides » visant à réduire le risque de contrepartie, via le recours aux chambres de compensation, à accroître la transparence, renforcer l'intégrité et la surveillance du marché. Des propositions législatives seront faites dans les prochains mois, après études d'impact. C'est pourquoi l'EACT, opposée à certaines de ces mesures, revient à la charge, après avoir participé, à l'été dernier, à la consultation menée par Bruxelles.risque augment髠Nous vous enjoignons de préserver la capacité des entreprises à gérer leurs risques financiers ou de marché en garantissant à la continuité de l'accès à des produits dérivés de gré à gré sur mesure et à un prix raisonnable. » Air France, ArcelorMittal, British Airways, Daimler, GlaxoSmithKline, Siemens, et quelque 160 autres sociétés européennes ont cosigné cet appel, rappelant que les produits dérivés leur servent non à spéculer mais à se couvrir contre les risques liés aux devises, aux taux d'intérêt ou aux matières premières. « L'intention [de Bruxelles, Ndlr] de pousser les transactions de gré à gré vers les chambres de compensation et les Bourses, augmentera le risque de liquidité et les coûts de financement [pour les entreprises, Ndlr], via l'exigence de dépôts de garantie. » Un dommage collatéral dont Bruxelles a conscience et que l'EACT souhaite éviter. Christèle Frad
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