Faciliter la carrière professionnelle des femmes

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La « seconde moitié du Ciel » serait-elle en passe de franchir en tête le cap du XXIe siècle ? Des chiffres américains le donnent à penser : aux États-Unis, les femmes seraient, d'après le très officiel Bureau of Labor Statistics, moins touchées par le chômage que les hommes, car elles travaillent dans des secteurs qui font face à une forte demande, comme l'éducation. Mieux, la femme gagne plus que le mari dans 22 % des couples, contre 4 % en 1970, selon le cabinet d'enquêtes PEW Research, même si globalement, les femmes ne gagnent que 78 % de ce que gagnent les hommes, selon le récent rapport de l'association White House Project. Le plafond de verre semble en tout cas se fissurer. Au-delà des simples questions d'égalité entre les êtres humains et de crainte des procès pour discrimination, les entreprises se sont rendu compte que les femmes étaient souvent plus diplômées que les hommes, donc en principe plus compétentes. Ce serait donc une erreur de s'en passer. De plus, des études montrent que les entreprises qui emploient des femmes sont plus performantes (lire interview ci-dessous). En France, la loi du 23 mars 2006 impose aux partenaires sociaux de négocier chaque année des mesures visant à supprimer ces écarts avant le 31 décembre 2010. Comme elle est restée quelque peu lettre morte, le ministre du Travail, Xavier Darcos, a réuni, le 6 novembre, la Commission nationale de la négociation collective pour proposer aux partenaires sociaux de négocier sur le sujet. « Malgré six lois entre 1972 et 2008 et un accord national interprofessionnel conclu le 1er mars 2004, les inégalités de rémunération et de carrière entre les hommes et les femmes demeurent à un niveau préoccupant », a constaté le ministre qui envisage de déposer un... projet de loi en 2010. Une autre loi devrait aussi voir le jour pour imposer 40 % de femmes dans les conseils d'administration et conseils de surveillance des entreprises de plus de 1.000 salariés. Programmes volontaristesMais déjà, de nombreux groupes, tels Accenture, Air Liquide, Areva, Lafarge, Orange, PricewaterhouseCoopers ou Suez, ont lancé des programmes volontaristes de féminisation de leur management. Les mêmes et d'autres aident des réseaux féminins, de plus en plus présents et actifs dans les entreprises, qui se mobilisent pour diffuser les bonnes pratiques de féminisation et rassembler les femmes cadres dans des lieux d'échanges qui leur sont propres. La deuxième décennie du XXIe siècle permettra-t-elle vraiment aux femmes de prendre toute leur place dans les entreprises ? Catherine Gaudenz

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